Bruxelles, 27/11/2009 (Agence Europe) - À une semaine de l'ouverture de la conférence internationale de Copenhague sur le climat (COP 15, 7-18 décembre), les dirigeants européens vont saisir l'occasion du 12ème sommet UE/Chine, le 30 novembre à Nanjing, pour accentuer la pression sur leurs hôtes chinois, afin que la Chine assume significativement sa part du fardeau dans le cadre d'un accord post-Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Premier ministre suédois et président en exercice du Conseil européen, Fredrik Reinfeldt et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, tenteront de convaincre les autorités chinoises, conduites par le Premier ministre Wen Jiabao, de faire tout leur possible pour dégager un ambitieux accord global à Copenhague. Pour cela, Beijing devrait être invitée à consentir davantage d'efforts que son engagement, annoncé le 26 novembre, à réduire l'intensité en carbone de l'économie chinoise - les émissions polluantes par unité de PIB - de 40 à 45% d'ici 2020 par rapport à 2005, en échange de quoi l'UE accepterait d'intensifier sa coopération en matière environnementale, incluant les transferts de technologie. La transition vers l'économie verte sera le thème phare du Business Summit UE/Chine le même jour.
Dirigeants européens et chinois aborderont également les questions de sécurité internationale - non prolifération, Afghanistan, Birmanie/Myanmar, Corée du Nord, Iran, Pakistan, Sri Lanka - et les questions d'ordre économique et commercial, multilatérales, comme le round de Doha, et bilatérales, comme le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine, ou le statut d'économie de marché pour la Chine. Si l'UE devrait réaffirmer ses attentes concernant l'adéquate protection des droits de la propriété intellectuelle en Chine et le respect par la Chine de ses engagements en faveur du commerce loyal, la Chine devrait quant à elle maintenir la pression pour que l'UE adoucisse sa politique de défense commerciale, en particulier pour qu'elle ne prolonge pas les droits imposés sur les exportations chinoises de chaussures à dessus de cuir.
Dimanche, une délégation européenne sur les questions financières, emmenée par le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le commissaire aux Affaires financières, Joaquin Almunia et le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, plaidera auprès du gouvernement chinois pour la réévaluation de la devise nationale, le yuan, dont le taux de change sous-évalué ne reflète pas la force réelle de l'économie chinoise au détriment des économies européenne et américaine. En dépit d'une certaine souplesse de Beijing récemment, sous la pression des États-Unis, de l'UE et d'autres économies asiatiques, la Chine ne semble pas prévoir une réévaluation significative du yuan à court terme, pour ne pas freiner la reprise en cours de son économie.
Enfin, les dirigeants européens et chinois devraient signer, en marge du sommet, plusieurs accords de coopération, comme un mémorandum d'entente sur la phase 2 d'un projet de charbon à émission de CO2 quasi nulle ou un mémorandum d'entente sur un mécanisme de coopération sur les secteurs industriels. (E.H.)