C'est la fin du statut de fonctionnaire qui délie les langues et assouplit le « devoir de réserve » ? Virgilio Dastoli vient de terminer ses fonctions de représentant de la Commission européenne en Italie, qu'il avait prises en juillet 2003 après avoir été assistant parlementaire d'Altiero Spinelli de 1976 à 1986, et ensuite secrétaire général de l'Intergroupe fédéraliste du Parlement européen et responsable du Mouvement fédéraliste européen. Avec ce curriculum vitae, ses convictions européennes ne pouvaient pas laisser de doutes. Mais son dernier éditorial dans la publication romaine de la Commission ne s'est pas limité à évoquer le passé ; il a aussi adressé quelques pointes aux institutions communautaires et aux États membres. M. Dastoli regrette que les élections européennes de 2004 aient été considérées par la Commission comme une affaire interne des États membres et des partis politiques nationaux, en interdisant à ses représentations d'agir pour faire comprendre aux citoyens la valeur ajoutée que l'UE leur apporte. Il estime que l'UE s'est trompée en ne donnant pas la priorité à son approfondissement par rapport à son élargissement. Il estime que lors de la signature à Rome du projet de Constitution européenne, certains gouvernements espéraient en réalité qu'il échoue. Il considère que la « Déclaration de Berlin », solennellement adoptée par tous les gouvernements à l'occasion du cinquantième anniversaire du Traité de Rome est « soigneusement ensevelie dans les archives du Conseil ». En conclusion, Virgilio Dastoli réaffirme son espoir que « le saut vers un État fédéral européen » soit encore possible, en confirmant que les enseignements d'Altiero Spinelli, on ne les oublie pas. (F.R.)