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Bulletin Quotidien Europe N° 9973
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/commission

Scepticisme persistant des Verts à l'égard de M. Barroso

Bruxelles, 09/09/2009 (Agence Europe) - Présentant aux députés du groupe des Verts/ALE son programme en vue d'un second mandat en tant que président de la Commission européenne, José Manuel Barroso n'est pas parvenu, mercredi 9 septembre, à faire taire les critiques de ses adversaires les plus redoutables au Parlement européen, emmenés par l'Allemand Daniel Cohn-Bendit, à l'origine d'une campagne virulente pour tenter de lui faire barrage. Appelé à s'expliquer sur son souhait d'être confirmé dans ses fonctions, pour une durée de cinq ans, avant de connaître l'issue du référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne, M. Barroso a réitéré son opposition à la proposition des Verts, qui consiste à prolonger de trois mois l'actuelle Commission. D'un point de vue juridique, M. Barroso ne juge pas acceptable, par respect des institutions et du traité en vigueur, que le président de la Commission soit désigné pour trois mois seulement. D'un point de vue politique, il considère que la solution des Verts ne ferait qu'affaiblir la Commission. Une incertitude politique qui pourrait, selon lui, être néfaste à quelques mois de la conférence de Copenhague sur le climat. « Si vous voulez une Europe forte, il faut une Commission forte », a-t-il insisté. Politique climatique et protection de l'environnement, sécurité énergétique, relance économique, régulation financière, politique agricole commune, harmonisation fiscale, Europe sociale… Sur chacun des grands thèmes de la politique communautaire, M. Barroso a dû faire face à de nombreux griefs sur son action depuis 2004, et à des critiques, parfois violentes, sur sa politique jugée libérale et conservatrice, et sur sa proximité avec certains groupes de pression industriels. « Je n'ai jamais été conservateur », s'est insurgé l'ex-premier ministre portugais, qui se réclame « démocrate de centre-droit ». Pour sa défense, M. Barroso a pointé du doigt les résistances au Conseil qui ont réduit le niveau d'ambition de la Commission sur le climat ou la régulation financière. En matière économique, M. Barroso fait de la défense du marché intérieur et des règles de la concurrence, et de la lutte contre les grandes corporations les priorités d'un prochain mandat. En matière sociale, il s'est fait le chantre de la redistribution, la solidarité et la cohésion économique à l'échelle de l'UE. En matière environnementale, il promet de « décarboniser » la société européenne dans son ensemble, et les secteurs de la production d'électricité comme des transports. « Je ne vais pas faire une politique idéologique. Je cherche un consensus pour une politique européenne. Une partie de mon rôle, c'est de rassembler », a insisté le président de la Commission. Rendez-vous est pris le 16 septembre pour connaître le sort qui lui est réservé. (E.H.)

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