Bruxelles, 28/08/2009 (Agence Europe) - À la veille du 3ème sommet du G20 consacré à la refonte de l'architecture financière mondiale fin septembre à Pittsburgh, la Suède, qui exerce la présidence tournante de l'UE, et la Commission européenne sont déterminées à stimuler la reprise des négociations commerciales multilatérales du round de Doha, en vue d'un accord global en 2010. C'est également l'intention de l'Inde, qui va réunir autour de son ministre du Commerce Anand Sharma, les 3 et 4 septembre à Delhi, les ministres du Commerce d'une quarantaine de pays membres de l'OMC. Accompagnée de sa collègue à l'Agriculture Mariann Fisher Boel, la commissaire européenne au Commerce Catherine Ashton, le représentant américain au Commerce Ron Kirk et leurs homologues des pays émergents du G-20 (Argentine, Brésil, Chine et Inde), des pays exportateurs agricoles du groupe de Cairns (Australie et Canada), des pays importateurs agricoles du G-10 (Corée du Sud, Norvège et Suisse), des pays Amis des produits spéciaux du G-33 (Indonésie) et des pays en développement du G-90 (dont le Burkina Faso au nom des pays producteurs de coton du C-4, Maurice et Trinidad & Tobago pour les PMA et les ACP) retrouveront dans la capitale indienne le directeur général de l'OMC Pascal Lamy, qui participera aux travaux. L'objectif de la réunion, a rappelé cette semaine le secrétaire indien au commerce Rahul Khullar, est d'évaluer les moyens de relancer des pourparlers dans l'impasse depuis l'échec de la ministérielle de juillet 2008 (EUROPE n° 9714), et non pas de se concentrer sur les questions de substance qui bloquent ces négociations (pour un aperçu des questions pendantes et l'état d'avancement des discussions sur chacun des volets du round, voir EUROPE n° 9947 et 9951).
Rappelons que, selon M. Lamy, 80% des questions négociées dans le cadre du round de Doha sont déjà réglées. En outre, les dirigeants du G « 8+5 » (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie et Brésil, Chine, Inde, Mexique, Afrique du Sud) plus l'Australie, la Corée du Sud et l'Indonésie, se sont engagés début juillet à conclure en 2010, sur la base des progrès réalisés en juillet 2008 sur le projet de modalités de libéralisation des échanges en agriculture et sur les produits industriels (NAMA). Selon la ministre suédoise du commerce Ewa Björling, le moment pour relancer le round est propice. « La situation a nettement changé depuis l'été dernier. Les pays de l'UE étaient, et sont encore, unis. Mais la crise économique a rendu chacun plus conscient des implications que peut avoir le protectionnisme pour le commerce et la prospérité dans le monde. Ceci peut être bénéfique pour le round de Doha et remettre les négociations sur les rails », rappelle Mme Björling, en soulignant que, selon des estimations, une conclusion heureuse de l'Agenda de Doha pour le développement engendrerait des gains à hauteur de 200 euros pour chaque citoyen européen, en conséquence de l'accélération des échanges mondiaux. (E.H.)