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Bulletin Quotidien Europe N° 9961
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

La Présidence promet de nouvelles propositions en matière d'immigration

Bruxelles, 24/08/2009 (Agence Europe) - La Présidence suédoise de l'Union européenne a promis, dimanche 23 août, de nouvelles propositions en matière d'immigration d'ici à la fin du mois d'octobre, en réponse aux demandes de l'Italie au large de laquelle une nouvelle tragédie a fait 73 morts. « Nous aurons une première proposition concernant les critères de distribution des flux d'immigration parmi les 27 », a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt lors du rassemblement annuel du mouvement catholique italien Communion et Libération dans la ville balnéaire italienne de Rimini. Rome a en effet appelé les pays de l'Union européenne à apporter une réponse commune aux problèmes de l'immigration clandestine, après la découverte jeudi 20 août à bord d'un canot à la dérive au large de l'île italienne de Lampedusa, au sud de la Sicile, de cinq clandestins érythréens qui ont raconté avoir assisté à la mort de leurs 73 compagnons. « Nous tous, Européens, tous les 27 pays, nous devons être responsables de ces gens (…) Nous devons considérer cela comme un problème européen », a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini. « L'UE a fait beaucoup de déclarations (...) mais elle n'a toujours pas dit ce qui doit se passer quand un groupe de migrants atteint les frontières de l'Europe », a-t-il ajouté. Et d'inviter: « l'Union européenne (à) commencer une véritable distribution des immigrés qui arrivent sur les côtes maltaises ou italiennes, pas seulement en Italie où à Malte mais dans beaucoup d'autres pays ». La Commission européenne présentera un document de travail avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à la fin octobre. Il s'agira d'une première étape, a souligné M. Bildt, « car un problème aussi vaste ne peut être résolu en une réunion ». L'exécutif européen prévoit notamment de créer un projet pilote à Malte afin de réinstaller des personnes bénéficiant d'une protection internationale dans d'autres États membres (EUROPE n° 9945). Le chef de la diplomatie italienne a quant à lui souligné la nécessité de poursuivre les discussions avec Malte, afin d'aider ce pays à contrôler ses eaux territoriales pour éviter de nouveaux drames. « Nous continuons à penser que ces discussions qui durent depuis dix ans avec Malte sur cette zone maritime doivent se poursuivre car elles sont indispensables à la communauté internationale », a-t-il dit. Samedi, M. Frattini avait déclaré au Corriere della Sera que Malte n'avait pas les moyens de surveiller efficacement la zone maritime sous sa compétence et a souhaité que La Valette signe en conséquence un accord avec l'Italie, comme Rome le réclame depuis dix ans. Son homologue maltais Tonio Borg lui a répondu que La Valette, même sous la pression, n'avait pas l'intention de signer un accord avec des pays étrangers sur la surveillance de ses eaux territoriales. Les cinq rescapés érythréens, qui avaient quitté la côte libyenne fin juillet, ont raconté avoir assisté à la mort de leurs 73 compagnons en trois semaines d'errance entre l'Afrique et l'Europe. Récupérés par une vedette italienne, les cinq survivants ont raconté que tous les autres passagers étaient morts de faim et de soif. Ils ont affirmé que plusieurs bateaux s'étaient approchés d'eux mais ne leur avaient apporté aucun secours. Tout en demandant l'ouverture d'une enquête, Roberto Maroni, ministre italien de l'Intérieur, a laissé entendre que la version des cinq survivants pourrait être inexacte. (B.C.)