Bruxelles, 06/03/2009 (Agence Europe) - La nouvelle administration américaine de Barack Obama souhaite intensifier et élargir sa coopération avec l'Union européenne pour faire face, ensemble et dans le cadre d'une approche multilatérale, aux nombreux défis du moment: de la crise économique au changement climatique, de l'Afghanistan à l'Iran en passant par le Moyen-Orient. C'est ce que la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a déclaré à l'issue de sa rencontre avec la troïka ministérielle de l'UE vendredi 6 mars à Bruxelles. La délégation européenne était dirigée par le ministre tchèque des Affaires étrangères et actuel président du Conseil, Karel Schwarzenberg, et comprenait aussi le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, la Commissaire Benita Ferrero-Waldner ainsi que le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt (prochaine présidence de l'UE). « Nous voulons porter la coopération avec l'UE à un niveau supérieur. Le président Obama et moi-même, nous voulons revitaliser les relations transatlantiques et promouvoir une Union européenne forte, car une Europe forte est un partenaire fort pour les États-Unis », a dit Mme Clinton à la presse. « L'Europe et les États-Unis sont toutes les deux des grandes puissances: économiques, militaires, diplomatiques et culturelles. Nous avons des responsabilités à faire bon usage de ce pouvoir. Comme nous l'avons fait tant de fois dans le passé, nous devons coopérer étroitement ; maintenant et à l'avenir. Je suis convaincue que nous le ferons », a souligné l'ancienne First Lady. Elle a ensuite abordé plusieurs sujets importants, notamment:
Relations UE/OTAN. « Ces deux grandes institutions peuvent et devraient coopérer sans faille » car elles ont des « défis communs ». « Le président Obama et moi-même, nous croyons en une OTAN forte coopérant avec une UE forte. Nous ne pouvons pas nous permettre de gaspiller nos forces ou ressources. Celles-ci devraient toutes être focalisées sur les mêmes défis », a souligné la secrétaire d'État américaine. Elle a aussi salué les différentes missions PESD de l'UE et rappelé que les États-Unis participent à celle au Kosovo (EULEX).
Russie. « Nous avons convenu que nous travaillerons ensemble pour encourager la Russie à jouer un rôle constructif sur le plan international », a dit M. Schwarzenberg. Mme Clinton s'est envolée vendredi après-midi pour Genève où elle devait rencontrer, dans la soirée, son homologue russe, Sergueï Lavrov. L'expiration de l'accord START et le projet de défense anti-missile en Pologne et République tchèque (sévèrement contesté par Moscou) devaient être au centre des pourparlers. Mme Clinton a affirmé devant la presse que le projet de défense anti-missile, s'il devait être déployé (pour cela, il devra être « efficace et rentable » ne serait nullement dirigé contre la Russie mais « contre l'Iran et d'autres acteurs qui pourraient détenir et utiliser des missiles contre l'Europe ». Les États-Unis et la Russie « ont l'opportunité de coopérer sur la défense antimissile, de faire de la recherche et du développement en commun et, en cas d'accord, même de déployer ensemble une telle défense », a-t-elle dit.
Afghanistan. Mme Clinton a invité les Européens à fournir un « input » dans la réflexion en cours à Washington sur la future stratégie américaine en Afghanistan. Les pourparlers ont essentiellement porté sur les aspects civils de cette future stratégie, ainsi que sur les « priorités de l'Union européenne: gouvernance, état de droit et réforme de la police », a-t-elle dit. « J'ai réassuré Mme Clinton que la réforme de la police en Afghanistan et la poursuite de la mission européenne EUPOL dans ce pays continueront à être d'importantes priorités pour l'UE », a confirmé M. Schwarzenberg.
Iran. Européens et Américains reconnaissent qu'une « approche ferme, unifiée et coordonnée de la communauté internationale » sur le programme nucléaire iranien peut aboutir à des « résultats tangibles », a dit M. Schwarzenberg.
Moyen-Orient. Les deux parties ont réitéré leur attachement à la « solution des deux États ». L'UE continuera à soutenir les efforts de l'Égypte pour rapprocher le Hamas et le Fatah en vue de permettre la relance des pourparlers de paix avec Israël, a dit M. Schwarzenberg. L'UE est contente du fait que la nouvelle administration américaine se soit réengagée dans la région, a-t-il dit.
Crise. Américains et Européens, qui comptent pour 50% du PIB de la planète et 40% du commerce mondial, « ont besoin d'une stratégie coordonnée en vue du sommet du G-20 » à Londres, a dit Mme Clinton.
Climat. Mme Clinton a confirmé que Washington soutient la mise en place, sur le plan international, d'un régime de plafonnement et d'échange de quotas d'émissions de CO2. Il faut qu'il y ait des « objectifs mesurables » en termes de réduction des émissions tout en permettant aux pays participants de recourir à des « approches différentes » pour atteindre ces objectifs, a plaidé Mme Clinton qui pense aux nouvelles économies émergentes qui doivent « absolument » participer à cet effort. Il est « très important » que la Chine, « le plus grand émetteur de CO2 », soit prête à participer à la conférence de Copenhague en décembre sur le régime post-Kyoto, a-t-elle dit.
Énergie. Les États-Unis soutiennent le projet européen de créer un véritable marché intérieur de l'énergie et de diversifier ses approvisionnements énergétiques. L'UE a joué un rôle décisif dans la résolution de la récente crise gazière entre la Russie et l'Ukraine « et il se peut que ce leadership européen soit à nouveau requis à l'avenir », a dit Mme Clinton. (H.B.)