08/01/2009 (Agence Europe) - Les dispositions institutionnelles du Traité de Lisbonne étaient un des thèmes du séminaire organisé fin 2008 à Rome par la Fondazione Alcide De Gasperi. A cette occasion, Pietro Calamia, ancien représentant permanent italien auprès de l'UE, a souligné les innovations positives du Traité (son intervention est reprise dans la Lettera Diplomatica N.997, Circolo di Studi Diplomatici, via degli Astalli, 3/A, 00186 Rome). En particulier, l'ambassadeur Calamia relève un aspect très important mais souvent négligé dans les discussions des derniers mois, à la suite du rejet irlandais du Traité, à savoir la très ample extension du vote à la majorité au Conseil et, donc, de la codécision législative avec le Parlement européen. M. Calamia salue la "vision politique anticipative" dont a su faire preuve le gouvernement italien qui s'était battu depuis des années pour un plus grand rôle du Parlement (grâce aussi à l'influence d'Altiero Spinelli, reconnaît-il). Il évoque le débat « confidentiel et difficile » au sein du Comité des représentants permanents au sujet de la modification du Règlement intérieur du Conseil visant à faciliter le recours au vote au Conseil, débat qui devait déboucher sur une "discussion acharnée" entre ministres et puis aboutir en décembre 1986 à une décision sous présidence britannique (à savoir, possibilité de recours au vote au Conseil à la demande non seulement de la Présidence, mais aussi d'un État membre ou de la Commission: cette formule novatrice était italienne, rappelle M. Calamia). Évoquant un autre aspect du Traité de Lisbonne (voir notamment Au-delà de l'information des 19 et 20 décembre 2008), M. Calamia met en garde contre les risques que comporterait le choix, pour la "présidence stable" du Conseil européen, d'une personnalité n'exerçant plus de responsabilité politique. La Présidence est "un exercice politique, non bureaucratique", avertit M. Calamia, qui se demande quelle influence une personnalité politique n'exerçant plus de responsabilité politique pourrait avoir sur des chefs d'État ou de gouvernement ? (MG)