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Bulletin Quotidien Europe N° 9731
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

Quelles réponses à la situation économique actuelle ?

Bruxelles, 02/09/2008 (Agence Europe) - La baisse de toute une série d'indicateurs et les récentes prévisions économiques de plusieurs organisations confirment le repli des activités en Europe. Après avoir enregistré une diminution de son PIB de 0,2% au deuxième trimestre de l'année, la zone euro n'est techniquement pas à l'abri d'une récession (qui se caractérise par une croissance en rythme annuel négative sur deux trimestres consécutifs). Si cette éventualité a été exclue par Jean-Claude Juncker, les performances de croissance sont peu reluisantes et les marges de manœuvre limitées. À défaut de voir la politique monétaire se révéler dans un proche avenir comme l'instrument privilégié pour stimuler la croissance, une ébauche de réponse à la dégradation de la situation économique actuelle sera discutée lors de la réunion informelle des ministres des Finances à Nice, les 12 et 13 septembre prochains. La Présidence française espère dégager un consensus pour renforcer la coordination des politiques économiques en Europe.

Les prévisions économiques publiées mardi 2 septembre par l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) viennent confirmer la tendance observée ces dernières semaines, notamment dans les dernières estimations du Fonds monétaire international (FMI), qui a revu à la baisse les

prévisions de croissance de la zone euro (-0,3 point de pourcentage) pour 2008 (1,4%) et 2009 (0,9%). Pour

l'OCDE, la zone euro devrait globalement stagner jusqu'à la fin de l'année pour atteindre une croissance en rythme annuel de 1,3% (contre 1,7% selon ses prévisions précédentes). La prévision pour l'Allemagne est abaissée à 1,5%, contre 1,9% lors des prévisions de mai. La France fait moins bien (1% contre 1,8%) et l'Italie

est à la traîne avec une croissance attendue à 0,1% pour cette année contre 0,5% auparavant. L'OCDE ne prévoit pas de chiffres de croissance négatifs pour l'ensemble de la zone aux troisième et quatrième trimestres de l'année, mais une croissance nulle est attendue en Allemagne, et à peine mieux en France et en Italie.

En août, Jean-Claude Trichet avait confirmé ses craintes pour la croissance au troisième trimestre de l'année (EUROPE n° 9720) et la détérioration de la croissance devrait se confirmer lors de la publication, jeudi 4 septembre, des nouvelles projections des services de la Banque centrale européenne (BCE). Mais le Conseil des gouverneurs ne devrait pas s'orienter vers une baisse des taux d'intérêt, estiment par ailleurs les économistes. Tablant sur un message de fermeté face aux risques inflationnistes, ils n'entrevoient pas dans l'immédiat (voire pour le reste de l'année) de desserrement des conditions de crédit susceptible de soutenir la croissance.

La Commission publiera quant à elle ses prévisions économiques intérimaires le 10 septembre et ses prévisions économiques d'automne le 3 novembre. Il serait toutefois étonnant qu'elle maintienne les chiffres de ses prévisions de printemps, alors que les effets de la crise financière et les incertitudes perdurent (1,7% en 2008 et 1,5% en 2009 dans la zone euro et 2% et 1,8% dans l'UE - EUROPE n° 9652). Mais si la situation n'est pas très rassurante, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, ne sombre pas dans le pessimisme. La dépréciation des prix du brut (environ 105 dollars le baril) et le raffermissement du dollar (1,45 dollar pour un euro) constituent des raisons d'espérer, malgré leur volatilité. « Il est difficile de prévoir quand les marchés se stabiliseront », a déclaré en Italie le week-end dernier M. Almunia, mais « je ne pense pas que nous devions nécessairement être pessimistes quant aux perspectives de l'économie ».

« Je ne vois pas les risques d'une véritable récession en Europe », a pour sa part estimé lundi 1er septembre M. Juncker, qui souligne les difficultés et précise les enjeux à venir. « Nous sommes conscients du fait que le ralentissement conjoncturel est sur une pente qui fait que les risques sont prépondérants en les comparant aux chances de reprise, puisque ces chances de reprise n'existent pas », a indiqué le président de l'Eurogroupe en marge du Conseil européen extraordinaire à Bruxelles, jugeant toutefois inutile la mise en place d'un plan de relance conjoncturel, que personne ne veut ni ne demande d'après lui. À ce type de mesure, le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois préfère, en effet, celles visant à améliorer les politiques économiques en Europe.

La réunion informelle de Nice les 12 et 13 septembre prochains permettra notamment de préciser selon lui « quels peuvent être les moyens que l'Europe, voire que l'Eurogroupe peut aligner pour mieux coordonner ses politiques économiques, afin de définir une stratégie de sortie d'un risque qui n'est pas un risque de récession mais de repli conjoncturel ». Force est de constater toutefois que les marges budgétaires sont « très réduites » un peu partout. Pour trouver la parade, « nous verrons dans quelles conditions l'épargne européenne, qui est importante, peut être mobilisée en faveur du raffermissement de la situation conjoncturelle en Europe », et notamment « quels moyens peuvent être alignés par la Banque européenne d'investissement (BEI) », a-t-il dit.

La ministre française des Finances, Christine Lagarde, insistera auprès de ses homologues, d'abord au sein de l'Eurogroupe puis de l'Écofin, sur les éléments qui constituent à ses yeux des solutions pour faire face à la crise. Des éléments qui s'inscrivent dans le cadre du débat sur l'amélioration de l'Union économique et monétaire et qui rejoignent pour certains les propositions faites par la Commission européenne dans sa communication à ce sujet (EUROPE n° 9656). Un message fort portera sur la poursuite des réformes structurelles en vue d'adapter l'économie européenne à la mondialisation. L'accent sera mis sur le renforcement de la coordination dans la mise en œuvre des instruments existants comme les Grandes orientations de politiques économiques (GOPE). Autre élément sur lequel un consensus est souhaité: la poursuite de la stratégie de consolidation des finances publiques. Il devrait être rappelé qu'en fonction de leurs performances en matière d'assainissement budgétaire, les États membres de la zone euro peuvent adopter des stratégies différentes. Ceux qui ont atteint leur objectif à moyen terme (MTO) et se trouvent en situation excédentaire disposent en effet de plus de marges de manœuvre et peuvent envisager des plans de relance budgétaire, alors que ceux qui n'ont pas encore atteint leur objectif ont moins de latitude. La coordination des politiques économiques doit aussi s'appuyer sur un dialogue fort avec la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre de l'Eurogroupe, réaffirmera la Présidence française. Ce dialogue existe mais il a vocation à être renforcé par un travail plus coordonné sur les réformes structurelles ou les différences de compétitivité entre les États membres (l'Eurogroupe s'est déjà prononcé en ce sens en juillet - EUROPE n° 9699). Au plan externe, la Présidence française plaidera aussi pour un dialogue plus organisé avec les autres grandes zones monétaires, dont la Chine. (A.B.)

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