Bruxelles, 29/08/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a critiqué Chypre en raison de la faible efficacité des contrôles au niveau de la « ligne verte », ce qui facilite l'entrée d'immigrants illégaux dans la partie grecque de l'île. À Chypre, les 180 km de la ligne de démarcation qui divise l'île entre le Sud et le Nord sont en effet un point d'entrée privilégié dans l'UE pour les clandestins qui passent par la partie turque de l'île. « Le nombre de ressortissants de pays tiers franchissant illégalement la ligne de démarcation reste une question très préoccupante », indique le rapport annuel sur la « Ligne verte », publié jeudi 28 août. Les données présentées par les autorités de la République de Chypre montrent que le nombre total d'immigrés illégaux découverts (ou appréhendés) a plus que doublé (passant de 2919 à 5844) entre mai 2007 et avril 2008, pour atteindre son niveau le plus élevé. La police chypriote a indiqué que 5710 de ces 5844 immigrés illégaux ont pénétré dans les zones contrôlées par le gouvernement en franchissant la ligne verte. Les principaux pays d'origine des immigrés illégaux seraient les suivants: la Syrie (37%), la Palestine (Cisjordanie, 16 %) et l'Iran (9 %). Un grand nombre de ces ressortissants de pays tiers demandent ensuite l'asile (3470 sur 5844). Compte tenu de cette situation, la Commission considère que la surveillance de la ligne de démarcation assurée par la République de Chypre et l'administration des bases souveraines (SBA) entre les points de passage doit, « sans tarder, être sensiblement renforcée ». Elle note que la République de Chypre hésite cependant à prendre des mesures qui risquent de donner à cette ligne l'apparence d'une frontière extérieure. La Commission recommande aussi aux autorités chypriotes de prendre « sans tarder » des mesures concrètes pour surveiller la ligne visée dans le règlement relatif à la ligne verte, mais aussi dans la perspective de la participation future de Chypre à l'espace Schengen. Réagissant à ce rapport, le ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre, Marcos Kyprianou, a estimé que l'augmentation de l'immigration clandestine incombait principalement à la Turquie, qui encourage ce phénomène en donnant des visas pour la République turque de Chypre nord. « Nous espérons que l'Union européenne focalise également son attention dans cette direction », a fait valoir l'ancien commissaire européen. Le rapport montre par ailleurs que la circulation des marchandises entre les deux communautés a augmenté d'environ un tiers sur douze mois depuis mai 2007, comparé à l'année précédente. Cela représente environ 4 473 408 euros, contre 3 380 805 euros au cours de la période considérée précédente. (B.C.)