Bruxelles, 25/08/2008 (Agence Europe) - À situation exceptionnelle, réunion exceptionnelle. Face à la crise en Géorgie, la Présidence française de l'UE a en effet décidé de convoquer une réunion du Conseil européen, lundi 1er septembre dans l'après-midi à Bruxelles. Comme l'indique le communiqué publié dimanche 24 août par l'Élysée, il s'agira d'affiner la position de l'UE concernant « l'aide à la Géorgie et l'avenir de ses relations avec la Russie ». La possibilité d'une telle réunion avait été envisagée depuis le début des affrontements, à la demande notamment de certains États membres, comme la Pologne ou les États baltes, particulièrement soucieux que l'UE affiche une grande fermeté face à l'emprise de la Russie sur son propre voisinage.
Les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE feront donc, d'une part, le point sur la mise en œuvre de l'accord en six points relatif à la cessation des hostilités entre Russes et Géorgiens et auront, d'autre part, un débat plus large sur la position européenne à l'égard de Moscou, notamment sur la poursuite des négociations concernant le nouvel accord de partenariat et de coopération d'ici le prochain Sommet UE-Russie (le 14 novembre, à Nice). Le feu vert politique au lancement des pourparlers était intervenu lors du sommet de Khanty-Mansiisk le 27 juin (EUROPE n° 9692). Une première réunion de négociation a eu lieu le 4 juillet dernier (EUROPE n° 9697), la prochaine étant prévue à la mi-septembre.
Avalisé le 13 août par les ministres des Affaires étrangères de l'UE (EUROPE n° 9722), l'accord en six points ne semble pas, à ce stade, pleinement respecté sur le terrain (des troupes russes maintiennent encore des positions sur le sol géorgien) et le Conseil de sécurité peine à traduire ce plan en une résolution de l'ONU. La question du retrait des forces russes sur leurs positions antérieures au déclenchement du conflit et celle de l'envoi d'observateurs militaires ou civils, dans le cadre du mécanisme international prévu par l'accord pour remplacer les troupes russes de maintien de la paix sur place, restent des plus controversées. L'ouverture de discussions internationales sur les modalités de sécurité et de stabilité en Abkhazie et en Ossétie du Sud s'avère également délicate dans le contexte d'un retrait russe encore partiel et de l'adoption d'une déclaration, lundi, par le Conseil de la Fédération de Russie (chambre haute du parlement russe) appelant le président russe à reconnaître l'indépendance des deux républiques séparatistes. L'autre chambre du parlement russe, la Douma, devait également se prononcer en ce sens dans l'après-midi.
Au niveau de l'UE, le Comité politique et de sécurité (COPS) se réunit ce mardi 26 août et le COREPER le jeudi 28 août. Les représentants des Vingt-sept examineront alors l'éventualité pour le Conseil européen de la semaine prochaine d'adopter des conclusions formelles. (A.B.)