Bruxelles, 31/07/2008 (Agence Europe) - S'il a préféré regretter un « échec collectif » à l'issue de la réunion OMC de Genève le 29 juillet (EUROPE n° 9714), Peter Mandelson a, le lendemain, indirectement imputé aux États-Unis une partie de l'échec des négociations. « Quand Pascal Lamy convoque les négociateurs du « G-7 » mardi midi, les Indiens et les Chinois expriment des réserves et les États-Unis rejettent l'ensemble de la [nouvelle] proposition » de compromis préparée, au plan technique, par le négociateur agricole européen Jean-Luc Demarty, souligne le commissaire Mandelson dans son blog. « L'UE, les Brésiliens et les Australiens estiment que la 'solution Demarty' offre un moyen de sortir de l'impasse. Mais les négociateurs ne sont pas prêts à la saisir. Il semble que la question sur laquelle nous sommes en désaccord soit plus importante pour certains qu'un accord global. Au lieu de chercher des appuis pour résoudre le problème, ils campent sur leurs positions », poursuit-il. « Sur le chemin de ce qui ne peut être que la dernière réunion en Green room, [l'Américaine] Susan Schwab passe par la salle de presse pour laisser entendre que le texte sera rejeté. Le Green room qui suit est tendu et empreint de colère, Lamy ne permet pas qu'il se prolonge trop longtemps. C'est difficile d'essuyer un revers dans le dernier kilomètre d'un tel marathon, c'est encore plus dur de voir que certaines des personnes autour de la table, au lieu d'œuvrer pour un succès, préparent en réalité cet échec », regrette-t-il. Dans le Monde du 31 juillet, M. Mandelson explique aussi: « Les États-Unis souhaitaient récupérer sur le seul pilier agricole le moindre dollar de réduction des subventions versées à leurs agriculteurs. L'UE [n'a] jamais cherché à compenser la réforme des aides agricoles en obtenant un accès plus facile au marché agricole dans les pays en développement ». L'échec de Genève repose sur un désaccord sur le mécanisme de sauvegarde spéciale qui permettrait aux pays en développement de se protéger temporairement d'un afflux d'importations. Les États-Unis redoutaient que ce mécanisme ne se transforme en instrument pour limiter l'accès de certains marchés à leurs exportations agricoles, de soja et de coton notamment. (E.H.)