Bruxelles, 24/07/2008 (Agence Europe) - L'UE considère qu'il n'est plus question d'encourager l'accueil des réfugiés irakiens sur le sol européen, mais plutôt de promouvoir leur retour en Irak. C'est en substance ce qu'ont indiqué, jeudi 24 juillet, les ministres de l'Intérieur de l'Union, à l'occasion d'une réunion du Conseil Justice et Affaires intérieures, à Bruxelles. Sur la base d'une initiative allemande, les ministres ont en effet adopté des conclusions dans lesquelles ils réaffirment que « l'objectif principal » est de créer les conditions du retour en sécurité chez elles des personnes déplacées au sein de l'Irak et de celles réfugiées dans les pays voisins. Les ministres rappellent également que le gouvernement irakien a « l'obligation » de protéger les Irakiens déplacés au sein de son pays et dans les pays voisins, en garantissant notamment leur sécurité. Même s'ils relèvent que certains États membres (la France, l'Allemagne et la Suède) accueillent déjà des réfugiés irakiens, notamment dans le cadre de leurs programmes de réinstallation, les ministres ont refusé de demander aux pays de l'Union de généraliser cette pratique. Le Conseil avait précédemment prévu d'inviter les autres États membres de l'UE à envisager de telles réinstallations, sur la base du volontariat, et en fonction de leur capacité d'accueil. Il était également prévu que les pays européens soient invités à faire connaître à la Commission européenne le nombre de personnes susceptibles d'être accueillies sur leur territoire. Mais pour des raisons d'actualité, ces deux éléments ont été supprimés des conclusions. En effet, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, lors d'une récente visite à Berlin, a rappelé aux autorités allemandes qu'étant donné l'amélioration des conditions de sécurité en Irak, son objectif était de faire rentrer les Irakiens au pays. Citant M. Al-Maliki, le ministre allemand de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble, a jugé la propre initiative de l'Allemagne « contre-productive ». Mais le ministre allemand de rappeler que la situation sécuritaire en Irak n'est pas « sans problèmes ». Dans ce contexte, l'Allemagne a même failli retirer son projet de conclusions. Les ministres ont toutefois convenu de poursuivre les contacts avec les autorités irakiennes, ainsi qu'avec le HCR, afin de trouver « des formes les plus adéquates de la solidarité » envers tous les Irakiens. Le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux, a indiqué que le Conseil se pencherait à nouveau sur cette question, lors de sa session de septembre, pour tenter de mettre en place « une approche commune en matière de réinstallation ». Les ministres rappellent enfin qu'une partie du Fonds européen pour les réfugiés (2008-2013), qui est doté de 628 millions d'euros, est disponible. Environ 4,7 millions d'Irakiens ont été déplacés, dont 2,7 millions à l'intérieur même du pays et environ 2 millions dans les pays voisins comme la Jordanie et la Syrie. (B.C.)