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Bulletin Quotidien Europe N° 9595
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/kosovo

La mission civile de l'UE se précise - M. Kostunica hausse le ton

Bruxelles, 05/02/2008 (Agence Europe) - En adoptant l'action commune et le Concept d'opérations (CONOPS), les Vingt-sept ont progressé, lundi 4 février, dans les préparatifs de la mission civile de l'UE au Kosovo. Furieux, le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica s'est opposé à la signature prévue d'un accord intérimaire avec l'UE, qui contraindrait son pays à reconnaître l'indépendance du Kosovo.

Au plan pratique, les deux décisions concernant la mission de police de l'UE, adoptées par procédure écrite, seront effectives après leur publication au Journal officiel en fin de semaine. Le plan d'opération (OPLAN) et la décision formelle de lancement de la mission doivent néanmoins encore être adoptés pour permettre le déploiement des effectifs. Cela pourrait avoir lieu après la proclamation d'indépendance du Kosovo, vraisemblablement à l'occasion du prochain Conseil Affaires générales et Relations extérieures le 18 février. Une décision avant cette date est « assez improbable », indiquaient des diplomates.

La mission de l'UE fera appel à 1 800 policiers et magistrats, placés sous l'autorité du général français Yves de Kermabon, ancien commandant de la KFOR. Elle bénéficiera d'un budget de 205 millions d'euros pour une période initiale de size mois et effectuera des tâches de conseil et d'exécution dans les secteurs de la police, la justice et la douane. Ce n'est qu'au terme d'une période de 120 jours après son lancement que la mission de police de l'UE se verra transférer les compétences exercées jusqu'à présent par la MINUK. Parallèlement à l'adoption de l'action commune et du CONOPS, les Vingt-sept ont aussi approuvé la nomination de Pieter Cornelis Feith comme représentant spécial de l'UE au Kosovo.

A peine réélu, Boris Tadic se retrouve confronté à la question du Kosovo, dont la déclaration d'indépendance paraît inéluctable. Tout en s'opposant à l'indépendance de l'actuelle province serbe, M. Tadic s'était montré moins virulent que son opposant durant la campagne électorale, le nationaliste Tomislav Nikolic. Cela lui avait valu de ne pas être soutenu par le Premier ministre Kostunica, du Parti démocrate de Serbie (DSS), qui estimait insuffisant son engagement contre l'indépendance. La relation entre les deux hommes et au sein de la coalition gouvernementale s'annonce délicate et la marge de manœuvre est étroite pour M. Tadic, qui devra essayer de capitaliser sur sa victoire pour résister à la pression des forces nationalistes sur le Kosovo sans compromettre le rapprochement avec l'UE.

Une première étape en ce sens doit être franchie, jeudi 7 février, avec la signature d'un accord politique intérimaire (EUROPE n° 9589), mais l'actuel Premier ministre ne veut pas de l'offre des Vingt-sept, qui est « une tentative pour tromper » la Serbie et la contraindre à accepter l'indépendance du Kosovo. « Signer la proposition de l'UE reviendrait à accepter l'indépendance du Kosovo, conduisant la Serbie à être le premier Etat à reconnaître indirectement un Kosovo indépendant », a déclaré, mardi 5 février, M. Kostunica dans un communiqué publié. Il a aussi qualifié d'illégal l'envoi d'une mission de l'UE au Kosovo, estimant qu'avec cette décision, « l'UE a violé directement la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'ordre constitutionnel serbe ». Il a par ailleurs souhaité que le Parlement serbe se réunisse pour se prononcer sur l'offre de l'UE.

La question provoque des remous au sein de la coalition gouvernementale. Le vice-Premier ministre Bozidar Djelic, membre du Parti démocrate (DS) du président Tadic, avait en effet déclaré la veille que « tout refus de signer l'accord irait à l'encontre de la volonté des citoyens » qui ont soutenu la voie européenne pour le pays. « Cela n'est pas possible », insistait-il, en espérant que le gouvernement, au sein duquel son parti peut s'appuyer sur la formation libérale du G17 Plus, l'autoriserait à se rendre à Bruxelles pour signer le texte. Du côté de la Présidence slovène, on ne savait pas encore mardi qui représenterait la Serbie à la cérémonie de jeudi. (A.B.)

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