Bruxelles, 04/01/2007 (Agence Europe) - Bien que l'échéance finale des négociations commerciales multilatérales du round de Doha ait de nouveau été repoussée - à fin 2008, nouvelle date récemment agréée par le directeur général de l'OMC Pascal Lamy -, les principaux acteurs ne manquent pas de réaffirmer leur engagement à conclure des discussions qui traînent en longueur, grevant ainsi de nouvelles opportunités commerciales pour beaucoup d'entre eux, comme l'Australie. Par la voix de son ministre en charge du Commerce, le chef de file des pays exportateurs agricoles du groupe de Cairns a en effet promis la semaine dernière de « redoubler d'efforts » pour parvenir à un accord. Dans un entretien au quotidien The Australian du 31 décembre, Simon Crean, membre du nouveau gouvernement dirigé par Kevin Rudd, déclare en effet vouloir insuffler un nouvel élan aux discussions. « A cette étape critique, toute occasion d'engager des personnes face à face doit être saisie », estime le responsable australien qui prévoit de se joindre au panel de ministres du Commerce qui se réuniront en marge du Forum économique mondial de Davos à la fin du mois. M. Crean dit par ailleurs espérer que les discussions reprennent leur marche en avant en février ou mars prochain. « Il est très important qu'outre les négociations de Doha, nous réexaminions notre politique commerciale et ses orientations pour l'avenir », ajoute-t-il, estimant nécessaire pour l'Australie de « garantir que [ses] exportations redeviendront un facteur net à [sa] croissance économique et la rendront durable au-delà du boom des matières premières ». M. Crean souligne également l'importance du volet des négociations consacré à la facilitation du commerce (la suppression des obstacles au passage des frontières pour les marchandises, par exemple par la simplification des procédures douanières) pour l'Australie dans le but d'accroître le nombre de ses exportateurs, en particulier dans les produits à haute valeur ajoutée et les services. La contribution nette des exportations australiennes au PIB du pays a été seulement positive à l'issue de deux des douze dernières années passées sous la direction de l'ancien premier ministre conservateur John Howard, déplore M. Crean, qui explique ces résultats par l'incapacité du précédent gouvernement à obtenir des négociations de Doha un meilleur accès au marché mondial et par la limitation des programmes nationaux de facilitation du commerce. « C'est de la libéralisation des marchés que proviennent les nouvelles opportunités », insiste-t-il, avant de promettre un changement radical dans la conduite de la politique commerciale du pays. (E.H.)