Bruxelles, 24/08/2007 (Agence Europe) - « La position du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne sur sa politique monétaire a été exprimée par son Président le 2 août 2007 », a déclaré la BCE dans un communiqué du mercredi 22 août. La crise financière intervenue sur les marchés internationaux durant la dernière quinzaine en raison des déboires du marché hypothécaire américain n'aura pas - du moins jusqu'à présent - modifié la position officielle de l'institution européenne qui cultive son indépendance. Au cœur de l'été, Jean-Claude Trichet avait indiqué que la BCE serait « très vigilante » sur l'évolution des prix, expression considérée comme un signal annonçant une hausse des taux en septembre (voir EUROPE n°9482). Il n'empêche, la BCE a annoncé également dans ce même communiqué qu'elle allait procéder à une opération exceptionnelle de refinancement à long terme pour un montant de 40 milliards d'euros, opération révélatrice des tensions actuelles sur les marchés monétaires.
Difficile à ce stade de prédire l'attitude des gouverneurs de la Banque centrale européenne qui se réuniront jeudi 6 septembre. Selon les commentateurs, revenir sur sa déclaration du 2 août pourrait coûter à la BCE en termes de crédibilité. Mais une trop grande inflexibilité face aux difficultés de certains établissements financiers notamment bancaires et à l'impact potentiel de la crise sur la conjoncture économique pourrait aussi lui être reprochée, alors que la baisse surprise par la Réserve fédérale américaine (FED) d'un de ses taux directeurs a eu un effet bénéfique sur la confiance des investisseurs (voir EUROPE n°9483). D'aucuns prédisent une issue honorable qui consisterait en un report temporaire de la hausse des taux annoncée en août.
Ce vendredi, le Président français Nicolas Sarkozy a suggéré à la Banque de ne pas se priver de « l'arme des taux » et a souligné « la réaction intéressante » de la FED, selon le porte-parole du gouvernement français cité par l'AFP. De manière plus explicite, la ministre française des Finances Christine Lagarde avait indiqué la veille qu'une baisse des taux « aiderait certainement les entreprises et les marchés en ce moment ». La France aura d'autant plus de mal à maintenir ses objectifs de croissance (+2,25%) que la BCE augmentera le loyer de l'argent. (mb)