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Bulletin Quotidien Europe N° 9254
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/iran/nucleaire

L'Union veut maintenir le dialogue avec Téhéran malgré le non respect de l'ultimatum fixé par le Conseil de sécurité

Bruxelles, 30/08/2006 (Agence Europe) - L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) devrait confirmer jeudi à Vienne que l'Iran poursuit ses activités liées à l'enrichissement et au retraitement d'uranium, contrairement aux exigences du Conseil de sécurité de l'ONU qui, via la résolution 1696, a donné jusqu'au 31 août à Téhéran pour suspendre son programme nucléaire, faute de quoi il envisagera des sanctions. Pour l'heure, le refus de l'Iran de se conformer aux exigences de la communauté internationale n'empêche pas l'Union européenne de tenter de renouer le dialogue avec Téhéran sur la question nucléaire. Mardi, à deux jours de l'expiration de l'ultimatum fixé par le Conseil de sécurité, le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Saeed Jalili, a évoqué la question du nucléaire iranien avec le chef de la diplomatie finlandaise et président en exercice du Conseil, Erkki Tuomioja. « Nous ne fermons pas la porte à la discussion », a assuré, au nom de l'Union européenne, M. Tuomioja à l'issue de la rencontre.

Membre, aux côtés de l'Allemagne et du Royaume-Uni, de l'UE-3 qui négocie avec l'Iran depuis plus de deux ans la suspension de son programme d'enrichissement d'uranium, la France est favorable elle aussi à la reprise du dialogue avec les autorités iraniennes, après avoir tenu pendant plusieurs mois un discours de fermeté. « La France souhaite entamer un dialogue avec les Iraniens à condition que ce soit un dialogue concret, transparent avec nos partenaires et constructif. Cela ne veut pas dire que nous mettons la suspension aussi comme condition, mais il est important, dans la mesure où les Iraniens veulent dialoguer, de dialoguer aussi avec eux. Pourquoi ? Parce que la France fera tout pour éviter une confrontation. Il ne faut pas que la communauté internationale puisse se diviser, se couper en deux, ce qui serait une victoire pour les Iraniens », a expliqué le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy dans une interview diffusée mercredi sur Euronews. « Ce dialogue doit être un dialogue lucide concret et responsable », ajoute-t-il dans les colonnes du Figaro, avant de rappeler que, « à ce jour, la réponse de Téhéran à la communauté internationale n'est pas satisfaisante ».

Le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, qui a reçu le 22 août la réponse des Iraniens à l'offre des « Six » (UE-3, États-Unis, Chine et Russie), « espère rencontrer » le négociateur en chef iranien sur le dossier nucléaire, Ali Larijani, pour obtenir au plus vite des « clarifications » à ce sujet, explique-t-on au cabinet de M. Solana, tout en démentant la tenue d'une réunion ministérielle UE-3/ Iran, en marge du Conseil informel des ministres des Affaires étrangères de vendredi et samedi à Helsinki (réunion de type « Gymnich »). Dans un courrier de vingt pages, l'Iran maintient son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium tout en réclamant des « négociations sérieuses » sur la question avec les « Six ».

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