login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9168
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/proche-orient

Le Hamas ne peut pas être « un interlocuteur valable » tant qu'il ne change pas de position, mais l'UE doit faire preuve à la fois de « rigueur » et de « flexibilité » - L'UE prête à contribuer à une solution dans l'affaire de « l'argent palestinien » retenu par Israël

Strasbourg, 05/04/2006 (Agence Europe) - « Le Hamas ne peut pas changer son passé, mais il peut et doit changer son avenir. S'il décide que dans cet avenir il n'y a pas de place pour la terreur, la violence ou le refus de la réalité de l'Etat d'Israël, l'UE saura répondre de manière adéquate, comme elle l'a toujours fait ». C'est la conclusion de l'intervention du Haut représentant pour la PESC Javier Solana, mercredi après-midi devant les députés européens, au sujet des développements après la victoire du Hamas aux élections palestiniennes du 25 janvier et les élections israéliennes du 28 mars. Après ces élections, qui ont créé une situation nouvelle, pas question de parler de « business as usual », a-t-il reconnu, en estimant que l'action de l'UE devra s'inspirer de deux principes, « contradictoires seulement en apparence », la rigueur, nécessaire pour préserver les principes défendus par l'UE depuis le Conseil européen de Venise en 1980 (voir EUROPE du 14 juin 1980) et la flexibilité, pour pouvoir s'adapter à la réalité sur le terrain. « Malheureusement », a déploré M. Solana, le programme du gouvernement dirigé par le Hamas ne donne aucune indication sur son intention de respecter ces principes, et la conséquence pour l'UE est « l'impossibilité de considérer le Hamas comme un partenaire valable tant qu'il ne change pas de position ». Quant à Israël, M. Solana a noté que, alors que les élections de mars ont donné la victoire au Kadima, ce parti n'a pas obtenu les résultats qu'il espérait, et que, dans ces élections, les facteurs économiques et sociaux ont sans doute pesé plus que les facteurs purement politiques. Surtout, ce qui est « peut-être le plus préoccupant pour le processus de paix, les élections semblent montrer une consolidation du désir de séparation (…) et l'absence de dialogue avec le peuple palestinien dans la détermination des frontières d'Israël ».

A part les aspects liés au processus de paix israélo-palestinien, l'arrivée au pouvoir en Palestine « d'un mouvement affilié aux Frères musulmans » (après une élection, il est vrai, « libres et démocratiques ») constitue un « développement tout à fait nouveau », a admis M. Solana, en assurant: « L'UE ne veut pas , en principe, voir le gouvernement Hamas échouer », elle veut que ce gouvernement respecte les principes du Quartette, l'Etat de droit et qu'il maintienne « la nature pluraliste de la société palestinienne ». « Aujourd'hui plus que jamais,il faut souligner que seulement une solution négociée peut être stable et durable. L'UE devrait continuer à insister auprès des deux parties afin qu'elles négocient une solution fondée sur deux Etats (…) selon l'UE, la paix doit être fondée sur le respect des frontières de 1967 et que tout ajustement territorial sera acceptable seulement s'il est convenu par les deux parties », a précisé M. Solana. Le Haut représentant a rappelé que l'UE a actuellement deux missions sur le terrain : l'une appuie la réforme de la police palestinienne, l'autre contribue au contrôle du passage de frontière de Rafah (depuis son ouverture en novembre 2005, presque 200 000 personnes sont passées de l'Egypte à Gaza et vice versa, a-t-il noté). Selon lui, l'un des principaux objectifs de l'UE est de « traverser cette période d'incertitude de sorte que, lorsque des chances d'une paix négociée réapparaîtront, nous puissions continuer à compter sur la confiance des Israéliens et des Palestiniens ». M. Solana a précisé: - en ce qui concerne la Palestine, nous continuerons à soutenir le Président Abbas et son programme de paix appuyé par une « majorité écrasante d'électeurs », et nous continuerons à aider le peuple palestinien, en essayant aussi de maintenir « le tissu institutionnel de l'autorité palestinienne, pour laquelle nous avons investi tant d'efforts et d'argent, et dont la continuité est cruciale si la création d'un Etat palestinien indépendant, économique et viable doit devenir un jour une réalité » ; - à l'égard d'Israël, l'UE doit continuer de rejeter des solutions unilatérales qui pourraient compromettre une solution fondée sur deux Etats, et elle va suivre de très près les développements à Jérusalem est, dans la Vallée du Jordan et la construction du mur de séparation ; - Israël a des devoirs en tant que « puissance occupante », et notamment ceux de faciliter le transport de l'aide humanitaire et la circulation dans les territoires occupés, avertit M. Solana, qui souligne: une autre obligation est le transfert par Israël à l'autorité palestinienne des « revenus des droits douaniers et taxes qu'il a collectés à sa place », car « c'est de l'argent palestinien, qui ne peut pas être retenu ». Nous sommes disposés à contribuer à une solution à ce problème, a-t-il ajouté.

Quant au contexte plus vaste de la situation au Proche-Orient, M. Solana a insisté sur la poursuite de la coopération au sein du Quartette, et aussi sur la nécessité que les pays arabes fassent davantage, « politiquement et économiquement », pour faire adhérer le Hamas à l'initiative de paix de Beyrouth. Et il a lancé un dernier avertissement: « En œuvrant pour le processus de paix, nous devons nous souvenir du rôle des Etats qui pourraient exercer une influence négative et des répercussions de la situation en Irak et en Iran ». EUROPE reviendra sur le débat.

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES