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Bulletin Quotidien Europe N° 9147
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/euromed

La Commission politique prépare la plénière de l'APEM fin mars

Bruxelles, 08/03/2006 (Agence Europe) - En prévision de la session plénière annuelle, de l 'Assemblée parlementaire EuroMed, les 26 et 27 mars à Bruxelles, la commission politique de l'Assemblée réunie le 6 mars à Bruxelles a pris acte de la proposition de résolution présentée par sa présidente Tokia Saifi (PPE-DE, française) sur laquelle un débat aura lieu la veille de la plénière, avant de soumettre le texte à l'approbation de l'ensemble des membres regroupés en trois collèges (députés européens, parlementaires nationaux européens et parlementaires des pays partenaires). Dans la même perspective, la commission des affaires culturelles, de l'immigration et autres matières humaines s'était réunie la semaine dernière à Rome, en présence du Commissaire Frattini, mais les débats, en particulier sur la question migratoire, ont été, selon des sources convergentes, occultés par les suites de l'affaire des caricatures danoises du prophète Mahomet. Les parlementaires des pays arabes, à cette occasion, ont presque unanimement estimé que la liberté d'expression a ses limites et qu'elle ne peut pas être revendiquée lorsqu'elle blesse les croyances religieuses.

Le même thème a marqué les débats à la commission politique, lundi à Bruxelles, et le même argument contre une liberté d'expression illimitée a été présenté par des parlementaires de plusieurs pays arabes. Selon Salah Tabarki, parlementaire turc, ces limites sont déjà définies par la Cour européenne des droits de l'homme. Une parlementaire suédoise, Mariam Osman Sherifay, a expliqué que les caricatures danoises n'avaient aucun rapport avec la liberté d'expression mais qu'elles sont le résultat de politiques discriminatoires. L'évocation de la liberté d'expression dans cette affaire n'est pas « crédible », selon l'élu palestinien Zuhair Sanduka qui répercute le sentiment de l'homme de la rue arabe pour qui « il y a deux poids, deux mesures », (référence à des condamnations visant des négationnistes de l'Holocauste). Pour le Syrien Noumeir Ghanem, « la façon et le moment de publier ces caricatures font penser que tout cela est prémédité ». Un parlementaire allemand, Hans Raidel, estime en revanche, que les médias arabes sont « souvent profondément anti-chrétiens », et rappelle en passant avec quelle facilité des mosquées peuvent être construites en Europe, mais pas des églises en terre d'islam. Pour les représentants tunisiens et marocains, le sens de la mesure devrait l'emporter, et il faut développer une « vision nouvelle » pour sauvegarder le dialogue. C'est ce qu'a affirmé également le parlementaire portugais Alberto Antunes, qui a mis en garde contre les conséquences d'une « politisation de la religion » qui nuirait à la relation entre les deux rives de la Méditerranée. La parlementaire européenne Adeline Hazan (socialiste française) a appelé à « prendre du recul » et « à tourner la page ». Faisons-le dans le respect, mais sans porter atteinte aux droits fondamentaux, a plaidé Luisa Morgantini (GUE/NGL, italienne) présidente de la commission du développement du PE, qui voit dans les causes de cette crise « la frustration, les injustices, la pauvreté, les peurs et les humiliations que génèrent les systèmes économiques et sociaux que nous encourageons aussi bien dans les pays musulmans qu'européens ». Un des représentants de la nouvelle assemblée égyptienne, Mahomet Aboul Enien, a exprimé des positions jugées parmi les plus radicales, en réclamant notamment des lois contre l'islamophobie.

Le projet de résolution présenté par Mme Saïfi reprend certains de ces arguments en exprimant de « vives préoccupations » pour la situation provoquée par la publication des caricatures: elle « déplore toute offense aux sentiments religieux » et appelle à « une utilisation responsable » de la liberté d'expression.

Le texte de Mme Saïfi donne aussi un jugement des dix ans de processus euroméditerranéen. « Les travaux du Sommet de Barcelone (novembre 2005) n'ont pas été à la hauteur des attentes », dit-elle, tout en se félicitant de l'adoption d'un programme de travail et d'un code de conduite dans la lutte contre le terrorisme. La parlementaire européenne appelle à une relance du processus et à un « budget à la hauteur » des ambitions. La proposition de résolution souligne en outre le rôle de l'UE dans la poursuite du processus de paix au Moyen- Orient, « invite le futur gouvernement palestinien à reconnaître les engagements pris » et espère que les prochaines élections israéliennes auront un résultat qui favorisera la paix.

La deuxième session ordinaire de l'Assemblée se tient, après celle de mars 2005 au Caire. Une session extraordinaire avait eu lieu fin novembre 2005 à Rabat pour marquer le 10ème anniversaire du processus de Barcelone. Le Président du Parlement européen Josep Borrell est en actuellement le président de l'Assemblée EuroMed, et le président de la Chambre des députés tunisienne lui succédera fin mars. L'APEM doit encore, d'ici la session plénière de Bruxelles, débattre de son règlement intérieur, fixer les règles d'adoption de ses textes et décisions et réexaminer la composition de son bureau, notamment pour le remplacement de son vice-président, Zyad Abu Zyad, dont le mandat n'a pas été renouvelé lors des élections palestiniennes du 25 janvier.

 

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