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Bulletin Quotidien Europe N° 9140
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil affaires generales/caricatures

Les Etats membres s'engagent à promouvoir le dialogue et la compréhension mutuelle

Bruxelles, 27/02/2006 (Agence Europe) - A l'occasion du Conseil Affaires générales du 27 février, la ministre autrichienne des Affaires étrangères et présidente en exercice du Conseil, Ursula Plassnik, a déclaré en conférence de presse avoir « la sensation que de véritables efforts sont faits pour laisser de côté l'amertume entraînée par la crise des caricatures » du prophète Mahomet publiées au Danemark, puis reprises ailleurs. « Nous souhaitons aujourd'hui nous concentrer sur l'avenir et les activités futures, pour diminuer la tension », a-t-elle affirmé.

Lundi, les ministres européens des Affaires étrangères ont exprimé leur « profonde inquiétude » pour les événements qui ont suivi la publication de ces caricatures dans plusieurs médias européens et « regrettent que ces dessins aient causé l'offense et le désarroi parmi les communautés musulmanes à travers le monde ». Néanmoins, le Conseil a tenu à rappeler que la liberté d'expression est « un droit fondamental et un élément essentiel du discours démocratique ». « Des médias libres sont indispensables pour garantir une société libre et ouverte », estime Mme Plassnik ; cependant, « les libertés doivent être assorties de responsabilités », précise-t-elle. La liberté d'expression doit donc être exercée dans le respect des convictions religieuses et de toute autre croyance. Le Commissaire européen à la Liberté, la Sécurité et la Justice, Franco Frattini, avait exprimé à plusieurs reprises un point de vue analogue au cours des dernières semaines.

Les ministres ont en outre « fermement » condamné les actes violents et les menaces proférées à l'encontre des citoyens de l'UE ou de tout autre pays. Ils ont exprimé leur « pleine solidarité » avec les Etats qui ont subi des attaques contre leurs ressortissants ou leurs ambassades. Se félicitant des déclarations de certains chefs religieux et hommes politiques musulmans appelant à la modération, le Conseil salue la récente visite dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient du Haut Représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, ainsi que les rencontres qui ont eu lieu à Vienne entre la Présidence autrichienne, le ministre danois des Affaires étrangères et certains leaders islamiques. « L'appel à renouer le dialogue, exprimé dans la déclaration conjointe du Secrétaire général des Nations Unies, du Secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) et du Haut Représentant de l'UE le 7 février dernier, a montré qu'il existe un terrain d'entente commun dans cette direction », estime le Conseil dans ses conclusions.

L'UE et ses Etats membres s'engagent donc à « promouvoir activement le dialogue, le respect et la compréhension commune », en développant notamment les mécanismes existants comme le processus de Barcelone ou le processus ASEM ou en soutenant l'Alliance des civilisations (une initiative lancée en novembre dernier et menée par la Turquie et l'Espagne). Le Conseil invite, d'autre part, la Présidence, le Haut Représentant Javier Solana et la Commission à poursuivre leur dialogue avec les acteurs internationaux du monde musulman, tels que l'OCI ou la Ligue arabe, afin de renforcer la tolérance et le respect des croyances religieuses. « Les différentes communautés et les différentes religions doivent pouvoir cohabiter », a conclu Ursula Plassnik.

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