Bruxelles, 09/02/2006 (Agence Europe) - L'Union européenne doit se donner les moyens de mener une politique spatiale ambitieuse si elle veut pouvoir rivaliser avec les Etats-Unis. C'est ce qu'il ressort de l'échange de vues, le 9 février, entre Philippe Busquin, président de l'Intergroupe Ciel et Espace du Parlement européen, et le Groupe de travail « Espace » du Sénat de Belgique.
Il est « nécessaire de renforcer la solidarité européenne dans le domaine spatial » et de mettre en place « une vraie politique spatiale européenne » si « on veut faire le poids face aux Etats-Unis », a déclaré, pour le Sénat belge, François Roelants du Vivier en introduisant le débat. Et pourtant, on constate « une tendance à la nationalisation en cette matière », a-t-il regretté. Il est vrai, a expliqué Philippe Busquin, que « certains Etats membres de l'UE sont plus concernés que d'autres » par le développement d'une politique spatiale européenne - comme la France, l'Italie et la Belgique - et que, jusqu'à Galileo (le système européen de navigation par satellite: NdlR), « il n'y avait pas d'intérêt au sein de la Commission européenne ». Depuis, les choses ont un peu changé, notamment avec la parution en 2003 d'un Livre Blanc sur l'Espace qui, selon l'ancien Commissaire à la recherche, ressemble un peu à « une Bible dont le catéchisme n'est pas encore très établi ». Tout en saluant l'élaboration par la Commission européenne et l'Agence spatiale européenne (ASE) d'un programme spatial européen, qui sera présenté début 2007, M. Busquin a souligné qu'il est aussi fondamental de « mettre en œuvre la Bible existante » pour développer cette politique spatiale européenne, en y associant pleinement les nouveaux Etats membres.
Des politiques, c'est bien, mais encore faut-il avoir les moyens de les mettre en œuvre. Le Conseil européen a décidé en décembre 2005 de destiner 72 milliards d'euros à la rubrique 1 A Compétitivité au service de la croissance et de l'emploi (Recherche, RTE, Education, Formation), dans le cadre des perspectives financières 2007-2013. Sur cette somme, 75%, soit environ 50 milliards d'euros, devraient être accordés à la Recherche et à l'Innovation. « C'est déjà une augmentation par rapport aux moyens disponibles aujourd'hui, mais c'est insuffisant par rapport aux besoins », a estimé M. Busquin. Pour Michel Praet, de l'ASE, le problème n'est pas seulement l'absence de moyens, mais aussi la façon de dépenser l'argent dont on dispose. C'est pourquoi il soutient l'idée de créer, dans les perspectives financières 2007-2013, une ligne budgétaire spécifique pour toutes les infrastructures européennes.