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Bulletin Quotidien Europe N° 9115
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/droits de la femme/lisbonne

Plus d'actions concrètes pour lutter contre les inégalités hommes-femmes sur le marché du travail

Strasbourg, 23/01/2006 (Agence Europe) - Dans le contexte du bilan à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne, le Parlement a adopté le 19 janvier le rapport d'initiative d'Edite Estrela (PSE, portugaise). Le sommet de mars 2000 à Lisbonne avait fixé l'objectif d'atteindre un taux d'emploi de 60% pour les femmes en 2010, mais « le chemin pour y arriver est encore très long », a constaté Mme Estrela lors du débat. « Il est toujours difficile pour les femmes de concilier vie familiale et vie professionnelle (…) et elles continuent de percevoir un salaire inférieur à celui des hommes », rappelle le rapporteur, qui note que l'inégalité des genres est un « problème social ». La maternité ne doit pas être vue comme un handicap pour les entreprises, mais au contraire comme une contribution à la lutte contre la baisse de la natalité, dit-elle. La résolution met l'accent sur le « grand potentiel économique que représente l'emploi de davantage de femmes » dans le cadre des objectifs de Lisbonne, et propose des mesures concrètes pour combattre les disparités entre hommes et femmes en matière d'écart de rémunérations, d'accès à l'emploi, de ségrégation sur le marché de l'emploi, d'accès à l'enseignement post-universitaire et à la formation tout au long de la vie ou encore aux nouvelles technologies. Le Parlement suggère par exemple des aménagements du temps de travail afin de mieux concilier vie professionnelle, familiale et privée, et encourage de nouvelles formes de travail comme le télétravail.

Dans l'ensemble, les députés ont soutenu le rapport. Amalia Sartori (PPE-DE) a expliqué que la participation des femmes au monde du travail est « un réel besoin pour l'ensemble de la Communauté ». Il faut avant tout modifier notre approche concernant les statistiques, estime-t-elle, en constatant que le passage du calcul de « taux de chômage » à celui de « taux d'emplois » féminin était déjà un pas important. Lissy Gröner (PSE, all.) a déploré que « depuis des années, on parle de travail égal, salaire égal », mais sans guère de progrès concrets. Citant l'exemple de la Norvège où une loi adoptée dernièrement oblige les sociétés cotées en Bourse à maintenir une proportion de 40% de femmes dans leur conseil d'administration, l'élue du SPD souhaite davantage d'actions concrètes et demande à la Commission européenne de prouver dans sa future feuille de route que « l'Europe prend l'égalité au sérieux ». « Il faut une meilleure coordination des politiques », a affirmé pour sa part Raül Romeva (Verts/ALE, esp.) qui demande à la Commission de revoir les directives pour les rendre plus efficaces.

Le commissaire au Développement Louis Michel a rétorqué que la question « très préoccupante » de l'égalité hommes-femmes relevait essentiellement des politiques nationaux, même si la Commission a aussi son rôle à jouer. « Le rapport Estrela montre clairement ce que les femmes peuvent apporter à la stratégie de Lisbonne », a déclaré M. Michel. L'engagement de la Commission se reflètera dans sa prochaine feuille de route, a-t-il expliqué, en indiquant que la Commission entend aussi poursuivre l'examen des statistiques et développer une méthodologie efficace, à laquelle le futur Institut du genre devrait contribuer.

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