Bruxelles, 19/01/2006 (Agence Europe) - Les obstacles aux échanges de technologies entre l'Europe et la Chine restent très importants en dépit de l'ouverture de la Chine aux entreprises étrangères quatre ans après son adhésion à l'OMC, remarque Viviane Reding. La Commissaire chargée de la société de l'information et des médias a rencontré, au cours d'un déplacement à Shanghai le 16 janvier dernier, de hauts responsables chinois chargés des télécommunications et des technologies à qui elle a fait part de ses préoccupations et de ses espoirs pour les échanges sino-européens. « J'ai été frappée par la liste d'obstacles qui subsistent, selon le compte-rendu de la Chambre de commerce européenne en Chine pour 2005 », souligne la Commissaire. « L'industrie européenne investit massivement en Chine et est une source de transfert technologique et d'emplois croissants pour la Chine », a-t-elle indiqué, déplorant les contraintes et les formalités administratives particulièrement importantes que les entreprises étrangères doivent remplir pour avoir accès au marché technologique chinois, tant en ce qui concerne les services dits à « valeur ajoutée » que pour les services « de base ».
L'Europe est préoccupée par le manque de clarté de la part des autorités chinoises sur les licences pour les téléphones mobiles de troisième génération, a confirmé à Reuters un haut responsable du marché européen des télécoms. Les appels d'offres devraient débuter au premier semestre de cette année mais le plus grand flou continue de régner, a-t-il reconnu. « On a besoin d'un agenda clair car l'incertitude (…) n'est bonne ni pour l'industrie chinoise ni pour l'industrie européenne », confirme la Commissaire Reding. Les entreprises européennes déplorent par ailleurs de ne pas avoir accès aux organisations de normalisation chinoises: « les normes sont parfois utilisées pour créer des barrières commerciales techniques en ajoutant, parfois inutilement, des caractéristiques chinoises aux normes internationales », déplore Mme Reding.
La Chine ne respecte pas les accords internationaux sur la propriété intellectuelle, permettant à la contrefaçon de continuer à sévir dans le pays au détriment des entreprises européennes notamment. L'Europe aimerait régler sans heurts ce différend, souligne la Commissaire. « J'espère que le gouvernement chinois continuera, petit à petit, à libéraliser l'économie chinoise et à ouvrir d'importants secteurs aux investisseurs », dit-elle, en rassurant la Chine quant à la volonté des Européens de continuer à coopérer dans le développement de nouveaux services technologiques.
La visite a été aussi l'occasion pour l'Union européenne et la Chine de lancer formellement, à Pékin, le « projet pour une société de l'information » par lequel l'UE apportera pendant quatre ans une assistance technique au géant asiatique dans le domaine de la communication, indique un communiqué de l'UE. Ce projet de quelque 22 millions d'euros (15 millions seront fournis par l'UE et 7 millions par la Chine) avait officieusement démarré en août 2005 et constitue, selon Viviane Reding, « un pilier important du dialogue sino-européen sur la société de l'information ». Il s'agira notamment d'aider le gouvernement chinois à améliorer son dispositif législatif en matière de télécommunications, copyright, protection des données personnelles, sécurité de l'information et accès aux informations gouvernementales. L'UE apportera en outre son aide à l'administration numérique chinoise et à des programmes de formation dans certaines provinces ou municipalités.