Bruxelles, 02/11/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen fera son bilan du Sommet informel de Hampton Court mercredi 16 novembre à Strasbourg (après un débat pré-sommet au cours duquel Tony Blair avait été accueilli de manière plutôt positive, mais sans convaincre tout le monde et sans susciter l'enthousiasme qui avait marqué son discours de juin dernier au Parlement: voir EUROPE N.9057 et N.8976, ainsi que, dans ce bulletin, la nouvelle sur les réactions du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker). En attendant, certains députés européens réagissent par écrit, souvent assez vivement.
Ainsi, au groupe ALDE, Marielle de Sarnez (ALDE, française) estime, dans la Lettre d'information des députés UDF au Parlement européen que le Sommet informel a « confirmé l'enlisement de l'Union européenne ». « De bonnes idées circulent pour concrétiser les ambitions européennes », dit-elle en évoquant la recherche, la politique énergétique et un futur fonds pour faire face aux délocalisations, tout en ajoutant: « Mais ces propositions ont un coût et exigent un budget ». Mme de Sarnez regrette donc que la Présidence britannique n'ai pas essayé à Hampton Court de « mettre les mains dans le cambouis pour commencer à rapprocher les points de vue (sur les perspectives financières 2007-2013) plutôt que de renvoyer à décembre un hypothétique compromis qui a très peu de chances de se réaliser ».
Moins ouvertement critique, mais prudent, le président du groupe PPE-DE Hans -Gert Pöttering qualifie dans un communiqué le résultat du Sommet de Hampton Court, de « bilan intermédiaire ». Et il reconnaît: « Ce sera seulement lors du Sommet de décembre, lorsqu'on devra décider du budget de l'UE pour la période 2007-2013, que l'on pourra constater si on a réussi à rétablir l'unité et la confiance entre chefs d'Etat et de gouvernement ».
Quant à Friedrich Wilhelm Graefe zu Baringdorf, vert allemand, il lance: « Tony Blair veut abolir les subventions agricoles pour sauver son rabais britannique et les négociations de l'OMC . Au sommet, Jacques Chirac réclame des fonds pour la recherche qu'il veut financer avec le rabais britannique. Le Président de la Commission Barroso veut un fonds pour compenser les dommages provoqués par la mondialisation ». Quelle cacophonie, note le parlementaire, qui s'en prend surtout au Président Chirac, en affirmant: « Chirac prétend qu'il défend les intérêts des agriculteurs et des agricultrices, mais en réalité il défend la vieille politique agricole qui sert surtout les intérêts de l'agro-industrie orientée vers l'exportation ».