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Bulletin Quotidien Europe N° 9057
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/immigration/italie

Des députés de quatre groupes politiques insistent pour obtenir du ministre Pisanu des explications sur les conditions au camp de Lampedusa

Strasbourg, 26/10/2005 (Agence Europe) - Des députés européens de quatre groupes politiques qui se sont rendus récemment au Centro di permanenza temporanea à Lampedusa, en Sicile, ont confirmé le 25 octobre à Strasbourg devant la presse qu'ils insistaient sur leur demande que le ministre italien de l'Intérieur, M. Pisanu, vienne devant la commission des libertés publiques expliquer la situation dans ce camp où des centaines de migrants ou demandeurs d'asile sont traités d'une manière inacceptable. Les véritables conditions à Lampedusa ont été montrées à Strasbourg dans un documentaire réalisé pour la télévision italienne LA7 par Mauro Parissone, et expliquées lors d'une audition avec un autre journaliste italien, Fabrizio Gatti, de l'hebdomadaire L'Espresso, qui s'était infiltré dans le camp où il avait été successivement pris pour un Roumain et un Irakien.

« Merci, Fabrizio Gatti, heureusement que nous avons la liberté de presse », a lancé devant la journaliste la socialiste française Martine Roure, qui avait conduit la délégation à Lampedusa et qui a rappelé que les députés européens, qui n'avaient pas pu se rendre sur place « de manière inopinée » mais qui avaient dû s'annoncer, avaient trouvé dans le camp seulement onze personnes. « Là, on a vite compris de quoi il s'agissait », a commenté Mme Roure, qui a reproché aux autorités italiennes « l'erreur monumentale » d'avoir vidé Lampedusa avant l'arrivée des parlementaires. « Un collègue du PPE, qui a été plutôt honnête, nous a dit: j'espère qu'ils en auront laissé une centaine ! », a raconté Mme Roure. Notre commission des libertés veut visiter tous les centres d'accueil des migrants, et elle a commencé par Lampedusa parce que des problèmes récurrents y sont régulièrement dénoncés, a-t-elle expliqué. Sarah Ludford, qui représentait devant la presse sa collègue du groupe ALDE Jeannine Hennis-Plaschaert (qui avait fait partie de la mission de Lampedusa), s'est indignée: les autorités italiennes nous ont dit qu'entre avril et octobre il y avait eu en moyenne dans le camp entre 350 et 400 personnes - pour une capacité de 180 - mais un jour avant la visite des députés il n'y en avait plus que onze et, une semaine après, de nouveaux quelques centaines. La libérale britannique a dénoncé non seulement la violence et l'abus dans le camp, mais aussi l'incertitude juridique qui y règne. Une anomalie qui est critiquée aussi par la verte néerlandaise Kataljne Buitenweg, qui déplore: on ne sait même pas de quelle sorte de camp il s'agit, on nous a parlé de camp d'identification, on sait que des gens qui sont passés par là ont été envoyés en Libye, en vertu d'un accord Rome-Tripoli, mais nous ne savons pas ce qu'il y a dans cet accord. Nous étions allés à Lampedusa pour offrir notre solidarité, si elle était considérée utile, mais finalement nous étions « très fâchés », parce qu'on s'est moqué de nous. Giusto Catania (GUE/NGL, italien), qui était du voyage, a renchéri: on nous a trompés, « heureusement que Gatti était là » pour nous dire comment sont vraiment les choses. L'élu de Rifondazione comunista/Sinistra europea a ironisé: on nous a dit que l'Italie a organisé onze vols vers la Libye, transportant seulement des Egyptiens. Comment savait-on que c'était des Egyptiens ? Or, à Lampedusa, « il résultait que Gatti était roumain, puis irakien ». Un centre comme celui-ci « crée des clandestins, il faut le fermer », a-t-il estimé. Le ministre Pisanu nous a dit qu'il viendra dans notre commission parlementaire seulement lorsque ses homologues des pays que nous aurons visités viendront aussi, mais il manque ainsi de respect institutionnel envers le Parlement. Cette affaire sera-t-elle portée encore une fois en plénière ? Je pense que nous pourrons le faire après avoir entendu les explications de M. Pisanu, a dit Giusto Catania.

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