login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9043
Sommaire Publication complète Par article 21 / 39
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/france/commission

Tensions après les remarques de Jacques Chirac sur l'attitude de la Commission européenne dans l'affaire Hewlett-Packard

Bruxelles, 06/10/2005 (Agence Europe) - Le président de la Commission, José Manuel Barroso, s'est défendu contre les accusations du président français Jacques Chirac qui a affirmé mardi que la Commission européenne ne défendait pas « avec suffisamment de détermination et d'énergie les intérêts de l'Europe, et en particulier les intérêts économiques ». Evoquant le cas de Hewlett-Packard, multinationale qui a licencié tout en « faisant des bénéfices considérables », M. Chirac a jugé qu'il n'était « pas normal » que la Commission « ne s'estime pas impliquée, concernée, ou n'estime pas avoir quelque chose à dire » (voir EUROPE n° 9032, N° 9033 et N° 9035). C'est, selon M. Chirac, « l'une des raisons qui expliquent le désaveu actuel de l'Europe ». Sans faire explicitement référence à M. Chirac, M. Barroso a rétorqué mardi soir: « Il y a maintenant en Europe deux types de populisme. Le premier vise les marchés, l'autre attaque l'idée même d'Europe et veut faire porter le chapeau aux institutions de l'Europe ». Sa porte-parole a également jugé « un peu simple » de faire de la Commission le « bouc émissaire » dans une affaire où elle ne peut rien faire. « On a toujours défendu les intérêts européens, mais dans le cadre de nos compétences », a déclaré Françoise Le Bail. Le vice-président de la Commission, Günter Verheugen (politique industrielle), a souligné mercredi que si « les politiciens ne créent pas d'emplois, ils peuvent créer l'environnement pour favoriser le développement de l'industrie » (voir EUROPE n° 9042). Jeudi, dans une interview à Libération, Jean Pisani-Ferry, directeur de « Bruegel » (le nouveau Centre d'étude et de réflexion qui a son siège à Bruxelles), constate que les Etats membres ont de plus en plus tendance à « imputer à l'Europe des responsabilités qu'elle n'a juridiquement pas » et que l'on l'utilise Bruxelles « comme bouc émissaire de choix internes qui s'imposent de toute façon ». Le message aux opinions publiques qui risque d'en sortir est que « l'Europe nous forcerait à faire des politiques que nous ne souhaiterions pas mener. Avec une telle posture, tout le monde est perdant ». Dans le cas des licenciements chez Hewlett-Packard en France, « c'est à l'Etat français qu'incombe la législation en matière d'emploi, non pas à l'Union dont le rôle se limite à définir des normes minimales dans quelques matières très limitées, comme les conditions de travail », remarque M. Pisani-Ferry.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES