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Bulletin Quotidien Europe N° 9008
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/presidence britannique

NOTRE EUROPE SOULIGNE LE CONTEXTE NOUVEAU DE CE SEMESTRE APRÈS LE «NON » FRANÇAIS ET NÉERLANDAIS À LA CONSTITUTION EUROPÉENNE ET L'ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS SUR LES PERSPECTIVES FINANCIÈRES

Bruxelles, 18/08/2005 (Agence Europe) - « La présidence britannique de l'Union européenne placée sous le signe de l'efficacité » est le titre choisi par Anand Menon et Paul Riseborough (tous deux de l'Institut de recherche européen de l'Université de Birmingham) pour le n.42 des Etudes et Recherches de Notre Europe consacré au semestre actuel de présidence du Conseil de l'UE. Dans l'avant-propos, Notre Europe, fondée par Jacques Delors et présidée par l'ancien Commissaire européen et futur directeur général de l'OMC Pascal Lamy, souligne que, alors qu'au moment de mettre en chantier cette étude, « rien ne paraissait destiner le semestre de présidence britannique à un éclat particulier », le rejet de la Constitution européenne par la France et les Pays-Bas a modifié la donne pour Tony Blair, en écartant « l'hypothèque d'un référendum que tous les sondages annonçaient comme un exercice extrêmement périlleux ». Ainsi, Tony Blair voit s'ouvrir « devant lui des possibilités de manœuvre inattendues », même si, en même temps, « les difficultés se sont accumulées » : échec des négociations sur les perspectives financières, questionnements sur l'adhésion de la Turquie, situation en Iran et en Irak (l'étude a été publiée avant les attentats de juillet à Londres qui font de la lutte contre le terrorisme une priorité encore plus urgente: NdlR).

Les auteurs de l'étude citent un haut fonctionnaire britannique qui, avant le rejet de la Constitution aux référendums français et néerlandais, indiquait que la présidence allait se concentrer « sur la valeur ajoutée, pour montrer que l'Europe peu fonctionner ». Par ailleurs, deux grands thèmes prévus par la présidence - le changement climatique et l'Afrique - avaient été largement choisis pour profiter de la double présidence britannique du Conseil de l'UE et du G8, notent MM Menon et Riseborogh, qui ajoutent: « Depuis le vote français, la réserve britannique a laissé la place à une franche détermination quant à la nécessité de mener des réformes au niveau européen. Tony Blair est convaincu que l'Union a atteint un moment de vérité et que la présidence britannique fournit une occasion de parvenir à un accord sur le type de réformes que Londres souhaite depuis longtemps. Les priorités britanniques pour la présidence restent d'actualité, mais les principaux champs de bataille » seront l'avenir du traité constitutionnel, les réformes économiques et le budget de l'UE (le rapport a été rédigé avant l'annonce par Tony Blair de la convocation d'un Sommet informel spécial à l'automne sur le modèle social européen et l'avenir de l'Europe: NdlR). En ce qui concerne les perspectives financières, les auteurs rappellent en particulier qu'un rapport de la chambre des Lords de mars dernier était venu conforter la position de Londres à propos du « chèque » britannique: selon ce rapport, aussi longtemps que la Politique agricole commune pèse aussi lourdement sur le budget communautaire, le maintien de ce rabais est « parfaitement légitime ». Les auteurs remarquent aussi, à propos de la querelle budgétaire, ((p.23)) que « beaucoup de choses dépendent d'un règlement heureux de cette question ». Et cela à un moment où l'UE à 25 doit trouver un accord faisant l'unanimité sur un budget pour une période de sept ans pendant laquelle « d'autres intégrations sont envisageables », et où le Parlement européen, à qui le Traité constitutionnel devait « conférer plus de pouvoirs, voudra davantage peser sur les négociations que cela n'était le cas jusqu'à présent » (le Président Borrell ne se lasse pas de répéter que, sans Parlement, il n'y a pas de budget, et le Parlement a déjà proposé des options dans son rapport Böge : NdlR).

Sur le plan interne, l'étude relève la difficulté, pour Tony Blair, de « garder une posture d'impartialité alors qu'il est soumis dans son propre pays à une forte pression l'incitant à défendre les positions britanniques ». Beaucoup dépendra, selon les auteurs, de la capacité de Londres de « proposer des compromis et amadouer un président français qui ne peut guère se permettre de perdre la face dans son pays. Mais le moindre soupçon de compromis sur une question comme le rabais déclenchera des hurlements de protestation dans les medias et dans l'opposition (sans compter le ministère des Finances) ». Parallèlement, « les relations entre le gouvernement et le lobby europhile sont de plus en plus empreintes d'amertume », reconnaissent les auteurs, qui rappellent que Stephen Wall, ancien conseiller de Tony Blair pour les affaires européennes (et ancien Représentant permanent à Bruxelles), « n'a pas hésité à critiquer le gouvernement » pour sa manière de traiter ces questions. Leur conclusion: « Tony Blair savoure clairement l'occasion qui lui est donnée de prendre l'initiative de proposer des réformes » qui, en cas de succès, rendraient l'Europe encore plus « anglo-saxonne », mais « la classe politique et l'opinion publique britannique, soumises depuis si longtemps à un régime d'euroscepticisme, pourraient bien ne pas lui accorder l'espace nécessaire pour réussir ».

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