Bruxelles, 18/08/2005 (Agence Europe) - Comme promis par le ministre suédois du Commerce (EUROPE N.9007), plusieurs pays de l'UE hostiles aux restrictions aux importations de textiles chinois imposées en vertu de l'Accord de Shanghai de juin dernier - Suède, Danemark, Finlande et Pays-Bas- ont uni leurs forces pour demander, dans une lettre ouverte publiée par le Financial Times du 18 août, un assouplissement de ces restrictions, au moment où 58 millions de pulls et 15 millions de pantalons chinois sont bloquées aux frontières de l'UE. L'Allemagne, dans une lettre séparée de son ministre de l'Economie Wolfgang Clement au Commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, souligne les « dégâts majeurs » que ces restrictions risquent d'entraîner pour l'industrie et le commerce allemands.
« Des cargaisons de pulls s'entassent aux portes de l'Europe, pendant que les détaillants européens et leurs clients font face à une « saison d'achats de pulls » comportant un choix bien plus limité que d'habitude. Une masse de commerçants européens risquent la banqueroute ou de graves pertes financières. Beaucoup de boulots vont probablement disparaître », disent d'emblée dans leur lettre ouverte Karien von Gennip, ministre néerlandaise du Commerce, Bendt-Bendtsen, vice-premier ministre et ministre de l'Economie danois, Thomas Östros, ministre suédois du Commerce et de l'Industrie, et Paula Lehtomäki, ministre finlandaise du Commerce. Les ministres poursuivent: « Telles sont les conséquences des restrictions à l'importation d'un certain nombre de produits textiles chinois entrées en vigueur le 12 juillet. Plus précisément, elles sont des conséquences de la manière de laquelle ces restrictions ont été introduites, sans tenir dûment compte des réalités du commerce moderne ». Et ils expliquent: « De plus en plus d'entreprises européennes sont fortement impliquées dans la production des biens qu'elles importent. (…) Essayer de freiner les importations (…), c'est du suicide économique ». Les ministres citent l'exemple de leur propres pays, où « ce processus a commencé tôt », et où certaines entreprises du secteur textile « ont tout à fait cessé de produire et se sont transformées (…). Beaucoup d'entre elles ont du succès, gagnent un tas d'argent et fournissent un nombre considérables d'emplois ». En revanche, constatent-ils, des entreprises d'autres pays de l'UE, « soutenues par leurs gouvernements » se sont « cachées derrière le bouclier des mesures commerciale européennes et se sont accrochées à la production traditionnelle ». Résultat: lorsque la cessation des quotas textiles, le 1er janvier 2005, a mis fin « à plus de trente ans pendant lesquels elles ont pu souffler, elles étaient à bout de souffle et incapables de faire face à la concurrence ». Nous ne pensons pas que la réintroduction de quotas d'importation pour certains produits (…) chinois va sauver ce qui reste de l'industrie textile européenne », renchérissent les quatre ministres. Déplorant que ces restrictions aient été introduites « sans arrangements transitoires adéquats », les ministres plaident: « Les importateurs ont besoin de plus de temps pour s'adapter aux nouvelles conditions commerciales. (…) Bien sûr, le meilleur moyen (…) serait de renoncer entièrement à des mesures de protection commerciale, ou du moins de limiter leur application à des situations de concurrence manifestement déloyales ». Pour remédier aux dégâts subis par les entreprises et les consommateurs européens, la Suède, le Danemark, la Finlande et les Pays-Bas, suggèrent, « par exemple », d'exempter des restrictions les biens importés au titre de contrats conclus avant l'annonce de ces restrictions.