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Bulletin Quotidien Europe N° 9004
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/iran

Le ton se durcit sur fond de rupture des négociations

Bruxelles, 03/08/2005 (Agence Europe) - L'Iran espérait reprendre mercredi ses activités de conversion d'uranium sur le site d'Isaphan, le jour même de l'investiture du nouveau Président de la République islamique, le très conservateur Mahmoud Ahmadinejad. L'ancien maire de Téhéran, qui succède au « réformiste » Mohammad Khatami, a été élu fin juin (61,69% des suffrages), en faisant campagne pour les valeurs de la révolution islamique de 1979 et pour une meilleure répartition des richesses du pétrole. C'est dans un climat international tendu en raison des activités nucléaires iraniennes que le premier président laïc depuis 1981 a été intronisé dans ses nouvelles fonctions par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Entre la simple défiance diplomatique et le risque réel de basculement, le ton des échanges entre Téhéran et la communauté internationale est monté d'un cran depuis mardi. A l'ultimatum lancé par Téhéran aux membres de l'UE3 - Allemagne, France, Royaume-Uni - invités à remettre dès lundi dernier leur nouveau paquet de propositions, les Européens ont répondu en indiquant qu'une réouverture d'Ispahan entraînerait la rupture des négociations (voir EUROPE n° 9002).

Les Iraniens, qui minimisent la portée de leur décision du 31 août, estiment que la conversion d'uranium ne relève pas de l'enrichissement de l'uranium. Mardi, Agha Mohammadi, un des négociateurs iranien, affirmait qu'il ne voulait pas de « confrontation avec les Européens » et que « la voie des négociations reste ouverte ». Dans une lettre adressée mardi au négociateur en chef iranien, Hassan Rowahni, l'UE3 a clairement indiqué que la reprise de la conversion d'uranium constituerait une rupture unilatérale des accords de Paris qui « mettrait fin à notre dialogue ». L'UE3, qui envisage dans sa lettre de demander la convocation d'une « réunion spéciale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans les prochains jours », ajoute qu'une reprise des activités d'Ispahan ne laisserait « pas d'autres options que d'entreprendre d'autres types d'actions ». Ceci pourrait conduire l'Iran devant le Conseil de sécurité des Nations unies, avait ainsi précisé mardi le Premier ministre français Dominique de Villepin. Des avertissements mal perçus par Téhéran, où un porte-parole du gouvernement a lancé que « le temps des menaces et de l'intimidation est révolu ». Estimant avoir obtenu très peu en retour d'une suspension de ses activités, l'Iran s'efforce maintenant de faire pression sur la communauté internationale. Le paquet global de propositions de coopération technologique, commerciale et politique de l'UE3 doit toujours être remis à Téhéran cette semaine. « C'est une question de jours », mais le calendrier relève des trois capitales, a indiqué la Commission, pour qui cette semaine est « cruciale pour les relations entre l'UE et l'Iran ».