Bruxelles, 28/07/2005 (Agence Europe) - Après les dernières déclarations du président iranien sortant, Mohammad Khatami, qui, mercredi dernier, a de nouveau averti que Téhéran reprendrait certaines activités nucléaires ultrasensibles quelles que soient les contreparties offertes par l'Union européenne pour l'en dissuader (et au risque que l'affaire soit portée devant le Conseil de sécurité), le vice-président iranien et directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Gholamreza Aghazadeh, a annoncé jeudi dans un communiqué relayé par l'agence Ria Novosti qu'une reprise partielle des travaux d'enrichissement de l'uranium était « possible » dans de brefs délais. « Pour rééquilibrer les forces dans le processus de négociation » entre l'UE-3 (Allemagne, France et Royaume-Uni) et l'Iran, « il est possible que nous renoncions à la suspension provisoire des travaux d'enrichissement d'uranium », dit M. Aghazadeh, qui déplore que « les Européens n'ont à ce jour pris aucune mesure effective », alors que « l'Iran respecte le protocole additionnel au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires » et qu'il a, « de son plein gré, suspendu les activités de transformation de minerai d'uranium à Ispahan et celles d'enrichissement à Natanz ». Les activités de conversion pourraient donc reprendre à Ispahan, tout en poursuivant les pourparlers avec l'UE-3, assure le vice-président iranien. Alors que la remise du paquet de « propositions concrètes » par l'UE-3 est imminente et que les autorités iraniennes poursuivent chaque jour leur campagne d'intimidation (EUROPE n° 8999), l'Union avertit inlassablement Téhéran qu'elle considérera la reprise de toute activité d'enrichissement d'uranium à Ispahan comme un retrait de l'Iran du moratoire sur l'enrichissement et que, dans cette hypothèse, elle transmettra le dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité. Recevant mercredi à Paris le premier ministre israélien Ariel Sharon, le Président Chirac a réaffirmé que la France était favorable à une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU si l'Iran ne donnait pas de « garanties objectives » sur l'arrêt définitif de ses activités nucléaires sensibles. Peu d'informations filtrent sur la teneur du paquet de « propositions concrètes » de coopération technologique, commerciale et politique que l'UE-3 doit remettre aux Iraniens peu après la prise de fonction du nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad le 3 août prochain, mais les grandes lignes du projet qui est en voie d'être finalisé peuvent être, au conditionnel, succinctement décrites. EUROPE y reviendra.