Bruxelles, 28/07/2005 (Agence Europe) - L'Association européenne pour la défense des droits de l'homme (AEDH) dénonce l'expulsion, par la France et le Royaume-Uni, le 27 juillet, de 40 Afghans à bord d'un vol groupé. L'AEDH « déplore que les Etats européens n'aient su offrir à ces Afghans fuyant leur pays secoué par la guerre qu'une expulsion contraire aux conventions internationales et niant toutes considérations élémentaires d'humanité et de respect de la dignité et des droits ». Elle « appelle tous les gouvernements de l'Union Européenne à cesser tout recours à ces méthodes d'expulsion sous prétexte d'assurer la protection de nos frontières ».
Alors que cette expulsion groupée se préparait, une cinquantaine d'associations et syndicats se sont élevés contre « la démagogie des charters », soulignant que « l'Afghanistan est actuellement tout sauf un pays sûr: la situation n'y a jamais été aussi explosive que ces derniers mois. Les assassinats, enlèvements, attentats se succèdent dans tout le pays, à l'approche des élections législatives » du 18 septembre prochain. Ces associations estiment que « les renvois par charters véhiculent un message d'humiliation et d'indifférence hautaine des pays occidentaux à l'égard des populations des pays pauvres ou en état de conflit ».
Les ministres de l'Intérieur de France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne et Italie, rassemblés dans le groupe informel « G5 », avaient fait part, le 5 juillet, de leur intention de procéder à des expulsions communes en charter. La Commission européenne annonce depuis plus de deux ans une proposition sur des normes minimales communes pour régir les expulsions. Cette proposition est désormais prévue pour le mois de septembre.
Le ministère français de l'Intérieur affirme dans un communiqué que le départ des 40 Afghans, « 25 entrés en France grâce à des filières illégales et 15 en Grande-Bretagne (…) a été précédé, pour chacun des reconduits, d'une étude de situation, tant auprès de l'ambassade d'Afghanistan à Paris que par l'ambassade de France à Kaboul, afin de s'assurer que ces personnes ne seront aucunement inquiétées en regagnant leur pays ». Cette expulsion est « un message adressé aux candidats à une immigration irrégulière et aux organisateurs de filières clandestines qui les exploitent sans vergogne et les confient à certains employeurs sans scrupules », déclare le ministère français de l'Intérieur, qui se félicite de « l'excellente coopération franco-britannique ».