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Bulletin Quotidien Europe N° 8987
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/mines

Le Parlement réaffirme son ambition d'un monde sans mines

Strasbourg, 08/07/2005 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi à Strasbourg, une résolution commune de quatre groupes politiques (PSE, ALDE, Verts-ALE, GUE-NGL), le Parlement exprime sa « vive préoccupation devant les effets néfastes et répandus des mines terrestres et des engins non explosés sur les populations civiles, en particulier les enfants ». Il invite la cinquantaine d'Etats qui n'ont pas encore ratifié le traité d'interdiction des mines de 1997, dont trois pays de l'UE, à « le faire sans retard » et demande aux Etats-Unis de revenir sur leur intention, annoncée en février 2004, de ne pas adhérer à la Convention et de conserver leurs mines antipersonnel, dont le stock s'élève à quelque 10 millions d'engins. Même demande pour la Chine qui dispose de plus de 100 millions de mines terrestres antipersonnel. Les parlementaires invitent également la Commission à intégrer dans les programmes de développement avec les pays tiers l'adhésion à la Convention d'Ottawa et son respect. Par extension, le Parlement souligne qu'un 'monde sans mines' ne peut devenir une réalité que si toutes les catégories de mines sont interdites, notamment les mines anti-véhicules. Une disposition qui a en tout cas conduit le groupe PPE-DE à ne pas souscrire à la résolution des autres groupes.

Lors des débats de la veille, la Commission et le Conseil avaient déjà réaffirmé l'objectif de zéro victime et leurs engagements financiers à hauteur de 140 millions d'euros pour la période 2005-2007. « On risque de perdre de vue l'importance de cette question quand on discute du sujet, en sécurité ici, à Genève ou a New-York », a déclaré au nom de la Présidence britannique, Douglas Alexander, avant de rappeler que 15.000 ou 20.000 personnes meurent ou sont blessées annuellement dans plus de 80 pays dans le monde des suites d'explosions de mines antipersonnel. La Convention d'Ottawa, qui interdit les mines terrestres antipersonnel, a été ratifiée par 144 pays, a ajouté le ministre britannique aux Affaires européennes en appelant à ne « pas baisser les bras », car il reste « beaucoup de choses à faire ». Si pour certains l'objectif de l'UE de 0 victime est « trop optimiste ou inaccessible », l'UE continuera de soutenir les politiques dans ce domaine en les dotant de crédits, a souligné M. Alexander, qui estime que les futures actions anti-mines viseront « à inclure le déminage dans les programmes de développement des pays ». Personnellement touchée par le traumatisme subi par son père, qui a été amputé d'une jambe suite à un contact avec une mine pendant la deuxième guerre mondiale, Benita Ferrero-Waldner, a jugé qu'il n'y aura « pas de sécurité à long terme sans sécurité humaine ». Cela doit « rester la priorité de l'UE », a affirmé la Commissaire chargée des relations extérieures, qui constate elle aussi qu'il « reste du pain sur la planche » pour atteindre l'objectif de zéro victime.

Il est « important de surmonter ce problème d'ici 2010 », mais il faut « des engagements, de la volonté politique et des ressources », a expliqué Geoffrey van Orden (PPE-DE/Royaume-Uni). Et d'appeler le Royaume-Uni et les Etats-Unis à agir, avant de préciser que le PPE-DE présentera sa propre résolution, car il ne peut pas soutenir celle des autres groupes qui évoque aussi les mines antichars, a-t-il ajouté. Ana Maria Gomes (PSE/Portugal) estime pour sa part que le commerce des armes antichars et des armes légères ne peut être ignoré et qu'il convient de faire entendre la voix de l'UE. Jelko Kacin (ADLE/Slovénie) a quant à lui justement souligné qu'un « monde sans mines permet le retour des réfugiés et la reprise de l'agriculture ». Regrettant l'attitude du PPE-DE, Caroline Lucas (Verts-ALE/Royaume-Uni) considère qu'il faut une « interdiction de tous les types de bombes à fragmentation » et appelle les institutions financières à jouer un rôle responsable au niveau européen. Constatant un « accord universel » sur la nécessité de lutter contre ce fléau, M. Alexander a conclu le débat: « Je me suis senti soutenu par les engagements de la Commission et je peux vous assurer que sous Présidence britannique, nous ferons tout pour faire avancer ce dossier ».

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