La réunion du Conseil européen a été précédée d'un exposé de M. Josep Borrell, Président du Parlement européen, à l'issue duquel un échange de vues a eu lieu.
Le Conseil européen se félicite de la signature du traité d'adhésion le 25 avril 2005 à Luxembourg qui marque une nouvelle étape importante vers l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'Union européenne. Ces pays participent désormais aux travaux du Conseil européen, du Conseil et de ses organes préparatoires comme observateurs actifs.
Le Conseil européen rappelle par ailleurs ses conclusions des 17 et 18 juin 2004 et des 16 et 17 décembre 2004 sur l'élargissement et souligne la nécessité de les mettre en œuvre pleinement.
Le Conseil européen a traité des questions suivantes:
I. Perspectives financières
II. Questions économiques, sociales et environnementales (stratégie de Lisbonne; développement durable)
III. Espace de liberté, de sécurité et de justice (programme de La Haye; terrorisme)
IV. Relations extérieures
V. Divers
I. PERSPECTIVES FINANCIÈRES
Le Conseil européen regrette qu'il n'ait pas été possible de parvenir à ce stade à un accord global sur les perspectives financières. Il a insisté sur le besoin de savoir clairement de quelles ressources dispose l'Union pour soutenir les politiques communes au cours de la prochaine période financière et s'est engagé à continuer de tout mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Il a noté que les travaux préparatoires entrepris collectivement avaient permis de faire progresser considérablement les travaux en la matière. Il est convenu qu'il était nécessaire en particulier de maintenir l'orientation et la dynamique données aux discussions par le biais du cadre de négociation élaboré à l'initiative de la présidence.
Le Conseil européen invite la future présidence à faire avancer ces discussions en mettant à profit les progrès réalisés jusqu'à présent, en vue de trouver une solution concernant tous les éléments nécessaires à la conclusion d'un accord global dans les meilleurs délais.
II. QUESTIONS ÉCONOMIQUES, SOCIALES ET ENVIRONNEMENTALES
Développement durable
À l'occasion de la relance de la stratégie de Lisbonne en mars 2005, le Conseil européen a précisé que cette stratégie s'inscrivait dans le champ plus vaste du développement durable selon lequel il convient de répondre aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.
Le Conseil européen réitère son attachement au développement durable en tant que principe clé présidant à l'ensemble des politiques et actions de l'Union. Dans ce contexte et sur la base de la proposition de la Commission, le Conseil européen approuve la "Déclaration sur les principes directeurs du développement durable" (voir annexe I). Il se félicite de cette nouvelle impulsion et rappelle que les objectifs-clés et les principes directeurs inscrits dans la déclaration serviront de base à la stratégie de développement durable renouvelée comportant des objectifs, des indicateurs et une procédure efficace de suivi, qui sera adoptée si possible avant la fin 2005.
Relance de la stratégie de Lisbonne: un partenariat pour la croissance et l'emploi
En mars 2005, le Conseil européen a jugé indispensable de relancer sans attendre la stratégie de Lisbonne et de procéder à un recentrage des priorités sur la croissance et l'emploi. Pour atteindre cet objectif, il a également conclu qu'il était nécessaire de mobiliser davantage tous les moyens nationaux et communautaires appropriés - y compris la politique de cohésion - dans les trois dimensions économique, sociale et environnementale de la stratégie et en développant les synergies entre elles.
Dans ce contexte, le Conseil européen approuve les lignes directrices intégrées pour la croissance et l'emploi 2005-2008, constituées des grandes orientations des politiques économiques, qui assurent la cohérence économique générale des trois dimensions de la stratégie, et des lignes directrices pour l'emploi. Il se félicite de ce premier résultat issu de la nouvelle approche qu'il a définie lors de sa réunion de mars 2005, et qui permet d'articuler de manière dynamique et cohérente, conformément aux procédures prévues dans le traité, sur la base des travaux de toutes les formations du Conseil concernées par la mise en œuvre, à la fois les politiques macro-économiques, micro-économiques et de l'emploi autour de vingt-quatre lignes directrices intégrées (voir annexe II).
Afin de poursuivre le nouveau cycle de gouvernance de 3 ans, les lignes directrices intégrées doivent maintenant se traduire par l'établissement par les États membres, à la lumière du calendrier proposé par la Commission, de programmes nationaux de réforme ambitieux, répondant à leurs besoins et leur situation spécifiques, et qui reflètent cette approche intégrée et cohérente entre les politiques macro-économiques, micro-économiques et de l'emploi. D'autre part, la Commission présentera un programme communautaire de Lisbonne couvrant l'ensemble des actions à entreprendre au niveau communautaire. Ces programmes représentent un instrument indispensable au service de la croissance et de l'emploi.
III. ESPACE DE LIBERTÉ, DE SÉCURITÉ ET DE JUSTICE
Programme de La Haye
Le Conseil européen prend note avec satisfaction de l'adoption par le Conseil et par la Commission du plan d'action mettant en œuvre le programme de La Haye visant à renforcer l'espace de liberté, sécurité et justice. Ce plan traduit les objectifs du programme de La Haye en mesures concrètes. En raison de l'importance croissante que revêt la dimension externe de l'espace de liberté, de sécurité et de justice, il sera complété en fin d'année par la stratégie que le Conseil doit adopter en la matière sur proposition du SG/HR et de la Commission.
Il est primordial que les États membres mettent en œuvre effectivement et dans les délais les différentes mesures adoptées en exécution du plan d'action. À cet égard, le Conseil européen prend note de l'examen en cours par le Conseil des modalités de transposition et de mise en œuvre par les États membres de la décision-cadre sur le mandat d'arrêt européen. Il considère que la méthode d'évaluation doit de manière générale être développée.
Le Conseil européen salue l'accent mis dans le plan d'action sur la coopération opérationnelle entre les divers acteurs de la sécurité intérieure de l'Union. Il note à cet égard le caractère plus opérationnel des travaux récents de la task force des chefs de police, d'Europol et d'Eurojust et se réjouit du démarrage des activités de l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures. Le Conseil européen invite le Conseil à intensifier la coordination entre ces divers acteurs et entre ceux-ci et les autorités compétentes des États membres.
Le Conseil européen convient de faire le point sur la mise en œuvre du plan d'action de La Haye au second semestre 2006, conformément à sa décision prise en novembre 2004.
Le Conseil européen se félicite du plan d'action drogues (2005 2008) dans le cadre de la stratégie anti-drogues (2005-2012).
Lutte contre le terrorisme
Le Conseil européen a pris note du rapport du Conseil portant sur la mise en œuvre du plan d'action de lutte contre le terrorisme. Il salue les progrès accomplis sur le plan législatif dans le domaine de l'échange d'informations judiciaires et policières et de la lutte contre le financement du terrorisme. Il relève également les lignes directrices définies par le Conseil pour l'élaboration de la stratégie en matière de radicalisation et de recrutement de terroristes, entre autres la promotion au plan national du dialogue interreligieux, la finalisation de l'exercice d'évaluation par les pairs des dispositifs nationaux anti-terroristes ainsi que le développement de la capacité d'analyse au sein du Secrétariat du Conseil. Il salue enfin l'adoption par le Conseil du document relatif à la mise en œuvre du cadre conceptuel sur la PESD et le terrorisme.
Le Conseil européen souligne l'importance qu'il attache à ce que des progrès soient réalisés dans tous les domaines du plan d'action de lutte contre le terrorisme, en particulier en ce qui concerne le respect des délais d'entrée en vigueur des mesures considérées comme prioritaires pour l'efficacité de la lutte contre le terrorisme telles que retenues par le Conseil européen de mars 2004.
Le Conseil européen souhaite que les points suivants fassent l'objet d'un traitement prioritaire au cours du second semestre 2005:
les travaux législatifs tendant à renforcer la coopération policière et judiciaire, plus particulièrement, et dans la mesure du possible, en ce qui concerne l'échange d'informations entre autorités policières, le mandat d'obtention des preuves, la rétention des données en matière de trafic de télécommunications, ainsi que l'échange d'informations et la coopération concernant les infractions terroristes;
la poursuite des efforts tendant à un meilleur partage de l'information stratégique et opérationnelle entre les États membres et entre ceux ci et les agences et services compétents de l'Union, en conformité avec le programme de la Haye;
l'élaboration de la stratégie et du plan d'action sur la radicalisation et le recrutement de terroristes à la lumière des lignes directrices définies par le Conseil;
le suivi des recommandations issues de l'exercice d'évaluation par les pairs des dispositifs nationaux anti terroristes;
la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie sur le financement du terrorisme, en particulier par l'adoption d'un code de conduite pour prévenir l'utilisation abusive d'organisations caritatives ainsi que par le renforcement des procédures relatives au gel des avoirs;
le renforcement des capacités de protection civile, en particulier les ressources médicales disponibles pour faire face à une attaque bioterroriste, ainsi que le développement d'une capacité de réaction rapide fondée sur les modules de protection civile des États membres;
le renforcement du dialogue politique sur le terrorisme avec les pays tiers et de la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme, en particulier l'adoption de la convention générale contre le terrorisme international dans le cadre des Nations unies;
la mise au point de programmes d'assistance à certains pays tiers prioritaires afin de renforcer leur dispositif anti-terroriste et la mise en œuvre, à cet égard, du réseau d'experts chargés de répondre aux demandes d'assistance technique des pays tiers;
les mesures de coopération douanière pour améliorer la sécurité de la chaîne d'approvisionnement.
Le Conseil européen évaluera les progrès accomplis lors de sa réunion de décembre 2005 et procèdera à une révision du plan d'action de lutte contre le terrorisme.
IV. RELATIONS EXTÉRIEURES
Préparation du sommet des Nations unies de septembre 2005
Le Conseil européen considère que le sommet des Nations unies sera l'occasion de réaffirmer notre soutien à l'ONU comme instrument de relations internationales fondées sur le droit. Il réitère son ferme appui au multilatéralisme efficace et au processus de réforme des Nations unies. Il souligne que le rapport que le Secrétaire général a présenté le 21 mars 2005 et la contribution en date du 3 juin 2005 du Président de l'Assemblée générale constituent une excellente base de travail, en vue de la déclaration qui devra être adoptée, en septembre prochain à New York.
Le Conseil européen souhaite exprimer sa reconnaissance envers le Secrétaire général pour la nature exhaustive et cohérente de son rapport. Il partage les vues du Secrétaire général sur son concept intégré de sécurité collective et appuie l'idée que le développement, la sécurité et les droits de l'homme sont interdépendants et se renforcent mutuellement. Il accueille avec satisfaction les stratégies proposées dans le domaine du développement, de la sécurité, des droits de l'homme, de l'État de droit et de la démocratie.
Le Conseil européen considère qu'il est essentiel d'arriver à un résultat équilibré et ambitieux qui permette de réformer l'ONU afin de répondre de manière plus concrète et efficace aux menaces et défis multidimensionnels identifiés dans le rapport du Secrétaire général.
Dans ce contexte, le Conseil européen souligne l'engagement de l'Union européenne à poursuivre un dialogue substantiel avec tous les pays membres de l'ONU en vue de la préparation du sommet.
L'Union européenne est favorable au développement de la coopération avec les Nations unies et les organisations régionales, notamment à l'occasion du Dialogue à haut niveau entre les Nations unies et les organisations régionales qui se tiendra les 25 et 26 juillet 2005.
Le développement joue un rôle crucial dans la préparation du sommet. À cet égard, rappelant la responsabilité première des pays en développement pour leur développement, le Conseil européen se félicite de l'accord qui a été dégagé par le Conseil en matière d'aide publique au développement (APD). Dans le contexte de l'engagement qui a été pris d'atteindre l'objectif agréé au plan international d'un rapport APD/RNB de 0,7%, le Conseil européen note avec satisfaction que ses États membres sont sur la bonne voie de réaliser l'objectif contenu dans les engagements de Barcelone consistant à porter l'APD à 0,39% du RNB en 2006. Tout en réaffirmant sa détermination à respecter ces engagements, le Conseil a décidé de fixer à l'Union européenne un nouvel objectif collectif, consistant à porter ce rapport à 0,56% d'ici à 2010. Cela correspond à un montant annuel supplémentaire de 20 milliards d'euros consacrés à l'APD.
Dans ce contexte, le Conseil européen est en mesure de réaffirmer que, conformément aux résultats dégagés au Conseil le 24 mai 2005, les États membres qui n'ont pas encore atteint le rapport APD/RNB de 0,51% s'engagent à le faire d'ici à 2010, dans le cadre de leurs processus respectifs de dotation budgétaire, tandis que ceux qui ont déjà dépassé ce taux s'engagent à poursuivre leurs efforts; les États membres qui ont adhéré à l'UE après 2002 et qui n'ont pas encore atteint un rapport APD/RNB de 0,17% s'efforceront d'augmenter leur APD, dans le cadre de leurs processus respectifs de dotation budgétaire, pour atteindre ce niveau d'ici à 2010, tandis que ceux qui ont déjà dépassé ce taux s'engagent à poursuivre leurs efforts; les États membres s'engagent à atteindre un rapport APD/RNB de 0,7% d'ici à 2015, tandis que ceux qui ont atteint cet objectif s'engagent à rester au-dessus de ce taux; les États membres qui ont adhéré à l'UE après 2002 s'efforceront d'atteindre, d'ici à 2015, un rapport APD/RNB de 0,33%.
Le Conseil européen invite le Conseil à poursuivre son examen des options les plus prometteuses pour les sources de financement innovantes destinées au développement, afin d'augmenter les ressources disponibles d'une manière durable et prévisible.
L'Union européenne reste déterminée à trouver, en collaboration avec les institutions financières internationales, un accord sur la portée et les modalités d'un allègement supplémentaire de la dette multilatérale afin de garantir, suivant une approche au cas par cas, que le fardeau de la dette soit supportable à long terme. Dans ce contexte, il salue l'accord du G8 d'accorder un allègement de 100% de la dette multilatérale des pays pauvres très endettés.
Le Conseil européen rappelle la nécessité d'améliorer parallèlement aux efforts de financement, la qualité et l'efficacité de l'aide publique au développement, ainsi que le besoin de renforcer les capacités et d'assurer la viabilité d'une aide publique au développement accrue pour les pays partenaires. Il se félicite de la déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide et rappelle le plein engagement des États membres et de la Commission à en assurer sans délai la mise en œuvre et le suivi, y compris l'établissement d'objectifs cibles vérifiables, ainsi que la mise en œuvre des engagements spécifiques que l'Union européenne a adoptés lors du Forum de haut niveau de Paris.
Le Conseil européen souligne l'importance de prendre en compte la dimension sociale de la globalisation dans les différentes politiques et dans la coopération internationale.
Le Conseil européen confirme que l'Union européenne continuera à tenir compte des objectifs de coopération au développement dans toutes les politiques qu'elle met en œuvre et qui sont susceptibles de toucher les pays en développement. L'UE fera un effort particulier afin de promouvoir et de renforcer la cohérence des politiques en faveur du développement dans le cadre du partenariat mondial pour le développement, au titre de l'objectif du Millénaire (ODM) n° 8.
L'UE considère le développement de l'Afrique comme une priorité et intensifiera ses efforts visant à aider les pays africains à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Dans ce contexte, le Conseil européen réaffirme l'intention de l'Union européenne d'augmenter son aide financière à l'Afrique subsaharienne en attribuant, de manière collective, au continent africain au moins 50% de l'augmentation de ressources qui a été convenue pour l'APD, dans le respect des priorités des différents États membres. L'aide aux pays sortant d'un conflit et aux États fragiles sera également améliorée.
Le Conseil européen considère la création de la Commission de la consolidation de la paix, la prévention des conflits, la lutte contre le terrorisme, l'adoption des principes pour le recours à la force, le désarmement, la non-prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs et le renforcement de la capacité des Nations unies en matière de maintien de la paix comme ses priorités lors de la préparation du sommet.
Le Conseil européen se félicite de l'accord dégagé lors de l'Assemblée générale des Nations unies le 13 avril dernier sur la Convention relative à la prévention du terrorisme nucléaire et appelle tous les membres des Nations unies à signer cette convention pendant le sommet de septembre.
En ce qui concerne plus spécifiquement le désarmement et la non-prolifération des armes de destruction massive, le Conseil européen déplore que, malgré les efforts de l'UE la conférence d'examen du TNP n'ait pas pu arriver par consensus à un document traitant des questions de fond. Le Conseil européen rappelle l'importance qu'il attache à la consolidation du TNP et il exprime l'espoir que cette problématique soit abordée au sommet de septembre. Il confirme sa position commune adoptée pour cette conférence d'examen comme base pour la poursuite de ses objectifs dans le processus d'examen du traité à venir.
Le Conseil européen salue la place éminente réservée aux droits de l'homme, à l'État de droit et à la démocratie dans les propositions de réforme. Dans ce sens, le Conseil européen réitère son attachement au concept de la responsabilité de protéger, qui doit être mis en œuvre par le Conseil de sécurité. Il soutient le renforcement du rôle et des moyens du Haut Commissaire et la création d'un Conseil des droits de l'homme siégeant en permanence, qui reflète l'universalité des droits de l'homme et leur centralité dans le système de l'ONU. Il partage le souci de mettre les droits de l'homme sur le même pied que les questions du développement, de paix et de sécurité. Il soutient également la demande de renforcement du Bureau du Haut Commissaire, y compris à travers son interaction avec le Conseil de sécurité. Ces initiatives devraient renforcer la prise en compte des droits de l'homme au sein des activités des Nations unies.
Dans le domaine des réformes institutionnelles, le Conseil européen reconnaît la nécessité de réformer les organes principaux de l'ONU, dont l'Assemblée générale, l'ECOSOC et le Conseil de sécurité avec l'objectif de renforcer la représentativité, la transparence et l'efficacité du système. Il soutient également les efforts de réforme dans les domaines du budget et de la gestion administrative en vue de permettre à l'ONU de mieux remplir son mandat.
Le développement durable, y compris les questions et les préoccupations environnementales, doit être intégré davantage dans les programmes et les stratégies de développement nationaux et internationaux. Le Conseil européen soutient l'appel urgent du Secrétaire général pour une structure de gouvernance environnementale internationale plus intégrée, basée sur les institutions existantes. Dans ce sens, et compte tenu des défis environnementaux qui se posent en matière de développement, l'UE propose que la Réunion de haut niveau de septembre 2005 commence un processus, dans le cadre de la réforme de l'ONU, qui mènera à des négociations sur l'établissement d'une agence de l'ONU pour l'environnement, construite à partir du PNUE, avec un mandat actualisé et renforcé, basé sur des contributions financières stables, adéquates et prévisibles, et opérant sur un pied d'égalité avec les autres agences spécialisées de l'ONU. Cette agence, basée à Nairobi, permettrait de développer la dimension environnementale du développement durable d'un manière intégrée et cohérente, et coopérerait de manière étroite avec les agences multilatérales, chacune utilisant de manière optimale ses avantages comparatifs.
Le Conseil européen souligne qu'il est nécessaire que la conférence ministérielle de l'OMC prévue pour décembre prochain à Hong Kong fixe les grandes lignes d'un accord en vue de l'aboutissement du programme de Doha pour le développement. Il faut parvenir à des résultats ambitieux et équilibrés au vu des défis économiques que l'Europe doit relever et afin d'offrir aux pays en développement la possibilité de s'intégrer pleinement dans l'économie mondiale.
Balkans occidentaux
Le Conseil européen réaffirme son engagement en faveur de la mise en œuvre intégrale de l'agenda de Thessalonique qui souligne que l'avenir des Balkans occidentaux est dans l'Union européenne. Il réitère que les progrès de chaque pays sur la voie de l'intégration européenne, en tenant compte de l'évolution de l'acquis, dépendent des efforts déployés par celui-ci pour respecter les critères de Copenhague et la conditionnalité du processus de stabilisation et d'association. Par ailleurs, dans ce processus, la coopération régionale et les relations de bon voisinage resteront des éléments essentiels de la politique de l'UE.
Le Conseil européen encourage l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine à intensifier ses efforts dans la perspective de l'avis que la Commission présentera sur sa demande d'adhésion à l'UE. Il salue les efforts substantiels accomplis par la Serbie Monténégro, l'encourage à les intensifier, et réaffirme que l'Union européenne est désireuse d'engager dès que possible des négociations en vue de la conclusion d'un accord de stabilisation et d'association. Il réitère sa détermination à en faire de même avec la Bosnie Herzégovine dès que les conditions pour ce faire seront réunies. Le Conseil européen souligne également l'importance de la tenue en Albanie d'élections libres et démocratiques conformes aux normes internationales, y compris dans les régions où vivent des minorités, dans le contexte du rapprochement de ce pays à l'UE.
À la veille de la commémoration du dixième anniversaire du massacre de Srebrenica, le Conseil européen souligne que la coopération pleine et sans restrictions des pays de la région avec le TPIY reste une exigence essentielle pour la poursuite de leur rapprochement de l'UE. Il s'attend à ce que cette coopération se poursuive et soit renforcée jusqu'à ce que tous les inculpés qui continuent à échapper à la justice internationale soient déférés devant le Tribunal.
Le Conseil européen a adopté une déclaration sur le Kosovo qui figure en annexe III.
Politique européenne de voisinage
Le Conseil européen se félicite de la conclusion d'une première vague de plans d'action dans le cadre de la politique européenne de voisinage avec l'Autorité palestinienne, Israël, la Jordanie, le Maroc, la Moldavie, la Tunisie et l'Ukraine, et salue la décision d'établir également de tels plans d'action en 2005 avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie, incluses en juin 2004 dans la politique européenne de voisinage, ainsi qu'avec l'Égypte et le Liban, et de préparer un rapport national sur l'Algérie. Le Conseil européen invite la Commission et le SG/HR à faire régulièrement rapport sur les progrès accomplis.
Le Conseil européen salue les efforts consentis par le gouvernement ukrainien en vue d'instaurer dans ce pays une démocratie à part entière et une économie sociale de marché et se félicite de son adhésion aux normes et aux valeurs européennes. Il a hâte de poursuivre le dialogue et les contacts renforcés entre l'UE et l'Ukraine et soutient la mise en œuvre rapide du plan d'action UE Ukraine.
Par ailleurs, le Conseil européen prend note de l'adoption du plan d'action UE Moldavie, de la désignation d'un RSUE pour la Moldavie, un pays qui est appelé à devenir prochainement un voisin direct de l'Union européenne. Il se déclare prêt à participer activement à la recherche d'une solution au conflit en Transnistrie et accueille favorablement un renforcement du dialogue avec la Russie, l'Ukraine et l'OSCE sur ce sujet.
Le Conseil européen réitère l'engagement de l'UE en faveur d'un approfondissement de ses relations avec le Belarus, y compris par l'élaboration d'un plan d'action, lorsque les autorités de ce pays auront clairement démontré leur volonté de respecter les valeurs démocratiques, l'État de droit et les droits de l'homme. L'UE est préoccupé par l'intensification de la répression à l'encontre des forces démocratiques et de la société civile en Belarus. L'UE prendra des mesures pour faire connaître et démontrer à la population biélorusse les avantages de la politique européenne de voisinage et soutiendra le renforcement de la société civile et le processus de démocratisation dans ce pays.
Partenariat stratégique avec la région méditerranéenne et le Moyen-Orient
Le Conseil européen a approuvé le rapport de la Présidence, du Secrétaire général/Haut Représentant et de la Commission sur la mise en œuvre du Partenariat stratégique entre l'UE et la région méditerranéenne ainsi que le Moyen Orient. Le Conseil européen souligne l'importance du partenariat stratégique pour les relations de l'UE avec les pays de la région du Moyen Orient. Il continuera à suivre la mise en œuvre des objectifs du partenariat stratégique selon les principes d'action de l'appropriation commune et du partenariat. Le Conseil européen convient de la nécessité d'accorder une attention particulière à la mise en œuvre du Partenariat stratégique dans les pays situés à l'est de la Jordanie. La volonté politique commune de promouvoir les relations et une coopération dans tous les domaines, au-delà des questions commerciales et économiques, a été notamment réaffirmée lors du 15ème Conseil conjoint et de la réunion ministérielle CCG UE, qui s'est tenu le 5 avril 2005 à Manama.
Processus de Barcelone
Le Conseil européen se félicite de la tenue à Luxembourg de la VIIème Conférence ministérielle euro-méditerranéenne, qui a permis de dresser un bilan exhaustif du partenariat depuis son lancement en 1995, de définir les bases de l'avenir du processus et d'adopter, pour la première fois, des conclusions communes portant, entre autres, sur la nécessité de promouvoir des réformes politiques et sociales dans les pays partenaires. Il a par ailleurs pris note avec satisfaction des progrès réalisés dans le dialogue politique et de sécurité ainsi que dans la mise en œuvre du partenariat social, culturel et humain du Processus de Barcelone, notamment à travers l'inauguration, à Alexandrie, de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, et la constitution, à Luxembourg, de la plate-forme nongouvernementale euro méditerranéenne. Le Conseil européen salue enfin la tenue de la première session plénière de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, au Caire, qui traduit l'attachement aux valeurs démocratiques et au principe de l'appropriation commune propres au Processus de Barcelone. Il se réjouit de l'organisation, fin novembre à Barcelone, d'une réunion extraordinaire à haut niveau marquant le dixième anniversaire de la déclaration de Barcelone.
L'intégration complète de la Libye dans le processus de Barcelone constitue l'objectif global de la politique d'engagement de l'UE avec ce pays. La participation à ce processus, et la progression ultérieure vers la conclusion d'un accord d'association, restent fonction de la volonté de ce pays d'accepter dans son intégralité et sans condition la déclaration ainsi que l'acquis de Barcelone. Des consultations sur ce sujet et sur d'autres questions en suspens se poursuivent.
Irak
Le Conseil européen réaffirme la volonté de l'UE de poursuivre la mise en œuvre du programme complet d'assistance, agréé par le Conseil les 5 novembre 2004 et 21 février 2005, afin d'atteindre l'objectif d'un Irak sûr, stable, unifié, prospère, démocratique et respectueux des droits de l'homme, qui bénéficiera du plein exercice de sa souveraineté et qui coopérera d'une manière constructive avec ses voisins et la communauté internationale. Il rappelle la disponibilité de la Commission et des États membres à soutenir, en cas de demande irakienne, le processus constitutionnel en conformité avec la résolution 1546 et en pleine coopération avec l'ONU. Il encourage les autorités irakiennes à poursuivre la pleine implication de toutes les composantes de la société irakienne dans le processus constitutionnel et à promouvoir un véritable dialogue national.
Le Conseil européen réitère son engagement à soutenir les autorités et le peuple irakiens, conformément à la communication de la Commission intitulée "L'UE et l'Irak - Un cadre pour l'engagement" approuvée par le Conseil européen de juin 2004, notamment en appuyant le renforcement du système de justice pénale et de l'État de droit à travers la mission EUJUST LEX, en contribuant à la reconstruction politique, économique et sociale de l'Irak et en continuant les efforts en vue d'un approfondissement des relations entre l'UE et l'Irak avec comme objectif l'établissement d'un dialogue politique régulier. Il salue dans ce contexte la visite de la troïka ministérielle le 9 juin 2005 à Bagdad et confirme sa volonté de développer les contacts entre l'UE et l'Irak. Le Conseil européen se félicite de l'adoption par le Conseil, le 13 juin 2005, du plan d'opération de la mission intégrée d'État de droit en faveur de l'Irak, EUJUST LEX, qui a permis le lancement officiel de cette mission de formation de l'UE en faveur de l'Irak. Il a accueilli favorablement l'annonce par la Commission de son intention d'ouvrir une délégation à Bagdad dans un proche avenir.
Il exprime le souhait que la Conférence internationale Irak, co-organisée par l'Union européenne et les États-Unis dans le cadre du processus politique défini par la résolution 1546, qui se tiendra le 22 juin prochain à Bruxelles, permette de marquer le soutien de la communauté internationale aux priorités identifiées par les autorités irakiennes pour la période de transition, ceci dans la perspective d'un nouveau cadre de coordination des efforts d'assistance dans les meilleurs délais. À cet égard, le Conseil européen souligne l'importance d'un rôle premier du gouvernement irakien tout comme d'un rôle de conseil et d'appui des Nations unies.
Iran
Le Conseil européen se félicite de la reprise des négociations relatives à un accord de commerce et de coopération et à un accord politique avec l'Iran rendue possible par la conclusion et la mise en œuvre effective de l'Accord de Paris en novembre 2004. Il souligne l'importance qu'il attache au traitement équitable de tous les États membres dans le domaine commercial. Il confirme que l'Union européenne est prête à continuer à examiner les moyens de développer davantage la coopération politique et économique avec l'Iran, à la suite des dispositions prises par ce pays pour répondre à d'autres préoccupations de l'UE concernant la lutte contre le terrorisme, les droits de l'homme et l'approche de l'Iran à l'égard du processus de paix au Moyen Orient. Le Conseil européen rappelle son attachement à un dialogue droits de l'homme crédible et efficace et espère que la prochaine session se déroulera rapidement sur la base des nouvelles modalités à agréer par les deux parties.
Le Conseil européen souligne que le maintien de la suspension totale de toutes les activités liées à l'enrichissement et de toutes les activités de retraitement était la condition à la poursuite de l'ensemble du processus. Il se déclare favorable à la continuation des efforts visant à parvenir à un accord concernant des arrangements à long terme, qui donne à la communauté internationale les garanties objectives de la finalité exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien. Le Conseil européen se félicite du soutien international dont à bénéficié ce processus.
Processus de paix au Proche-Orient
Le Conseil européen a adopté une déclaration sur le processus de paix au Proche-Orient qui figure en annexe IV, ainsi qu'une déclaration sur le Liban (annexe V).
Relations transatlantiques
Le Conseil européen se félicite de l'évolution positive des relations transatlantiques au cours du premier semestre 2005. Il note avec satisfaction la visite du Président américain George W. Bush auprès des institutions européennes à Bruxelles, le 22 février 2005, et notamment la rencontre des chefs d'État et de gouvernement avec le Président. Le sommet annuel entre l'Union et les États-Unis, qui aura lieu le 20 juin 2005 à Washington, sera une nouvelle occasion de constater les progrès accomplis dans la relation avec ce partenaire stratégique irremplaçable de l'Union, et d'approfondir notamment les liens économiques transatlantiques. Il salue le lancement d'un dialogue stratégique entre l'Union et les États-Unis sur l'Asie de l'Est. Le Conseil européen se réjouit de la prochaine tenue du sommet UE Canada, le 19 juin 2005 à Niagara on the Lake, qui permettra de noter la consolidation de la relation UE Canada depuis l'adoption de l'Agenda de partenariat au dernier sommet en mars 2004. Il salue également l'ouverture récente de négociations avec le Canada sur un accord pour le renforcement du commerce et l'investissement.
Russie
Le Conseil européen se félicite des résultats du quinzième sommet UE Russie, qui s'est tenu le 10 mai 2005, et plus particulièrement de l'adoption des feuilles de route portant sur la création des quatre espaces communs, dont la mise en place a été décidée lors du sommet de Saint-Pétersbourg de mai 2003 (espace économique commun, espace commun de liberté, de sécurité et de justice, espace de coopération dans le domaine de la sécurité extérieure, et espace pour la recherche et l'éducation, y compris les aspects culturels). Ces feuilles de route, qui constituent un ensemble équilibré, définissent des objectifs communs pour les relations UE Russie, ainsi que les actions nécessaires à la réalisation de ces objectifs, et fixent le programme à moyen terme de la coopération entre l'UE et la Russie. Leur mise en œuvre permettra de renforcer le partenariat stratégique entre l'UE et la Russie ainsi que la coopération régionale notamment dans le cadre de la Dimension septentrionale.
Le Conseil européen note également avec satisfaction le bon déroulement des premières consultations en matière de droits de l'homme lancées en mars 2005 entre l'Union européenne et la Russie.
Le Conseil européen salue la signature de l'accord relatif aux frontières entre la Russie et l'Estonie, et espère qu'un accord similaire pourra bientôt être signé avec la Lettonie.
Le Conseil européen se félicite également de l'engagement pris par la Russie d'achever l'évacuation des bases militaires russes restantes en Géorgie au courant de l'année 2008. Il s'attend à la pleine mise en œuvre de tous les engagements pris à Istanbul en 1999.
Relations avec l'Asie
Le Conseil européen réaffirme l'importance qu'il attache au développement des relations avec l'Asie, au vu du rôle croissant que cette région est appelée à jouer dans la résolution des questions fondamentales qui se posent à la communauté internationale. Dans ce contexte, il salue les résultats des réunions ministérielles UE-ANASE et ASEM qui se sont déroulées au cours du premier semestre de l'année.
Le Conseil européen réaffirme sa volonté de développer son partenariat avec le Japon tant en réponse aux grandes questions internationales qu'au niveau strictement bilatéral. Il est déterminé à renforcer le dialogue stratégique à propos du cadre de sécurité en Asie de l'Est dont la nécessité a été soulignée lors du 14ème sommet UE Japon le 2 mai 2005 à Luxembourg. Le Conseil européen se félicite des progrès considérables dans la mise en œuvre du plan d'action, adoptée en 2001, traduisant l'approfondissement des relations entre une Union élargie et le Japon. La nécessité d'une coopération plus poussée dans les sujets environnementaux, en matière d'énergie et de science et technologie a été rappelée. Le Conseil européen note avec satisfaction le succès de l'Année d'échanges entre les peuples européens et japonais.
Le Conseil européen se félicite du 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre l'UE et la Chine. Il rappelle sa détermination à développer le partenariat stratégique avec la Chine, en approfondissant le dialogue dans tous les domaines, qu'il s'agisse de questions économiques ou politiques, et en œuvrant vers une solution rapide au différend commercial. Il demande au Conseil et à la Commission d'accélérer les travaux sur un nouvel accord cadre. Il souligne l'importance qu'il attache au dialogue droits de l'homme, dont la 19ème session a eu lieu les 24 et 25 février 2005 à Luxembourg.
Le Conseil européen rappelle également ses conclusions des 16 et 17 décembre 2004. Il se félicite des progrès réalisés sur la révision du Code de conduite et la Boîte à outils, et invite le Conseil à poursuivre ses travaux sur cette base.
Le Conseil européen salue enfin le lancement d'un dialogue stratégique sur l'Asie avec les États-Unis et le Japon.
Le Conseil européen encourage la poursuite des travaux d'élaboration du plan d'action avec l'Inde, qui doit être approuvé lors du sixième sommet devant se tenir au cours du 2ème semestre 2005 à New Delhi.
Relations avec les ACP
Le Conseil européen se félicite des conclusions des négociations sur la révision de l'Accord de Cotonou et de l'accord trouvé avec les États ACP à ce sujet le 23 février dernier. Cet accord révisé, tout en maintenant l'acquis de l'Accord de Cotonou, représente une amélioration du partenariat entre les États ACP, la Communauté et ses États membres, dans toutes ses composantes.
Relations avec l'Afrique
Le Conseil européen salue le renforcement du dialogue et de la coopération entre l'UE et l'ensemble des pays africains qui a été rendu possible par l'affirmation de l'Union africaine (UA) comme cadre politique en mesure de promouvoir des réponses africaines aux défis du développement. Ce dialogue vise un partenariat stratégique UE-Afrique articulé autour de quatre axes: la paix et la sécurité, la gouvernance, l'intégration régionale et le commerce, et le développement. Le Conseil européen salue le renforcement des capacités de maintien de la paix et de la sécurité en Afrique et l'opérationnalisation des structures y afférentes notamment dans le cadre de l'Union africaine et des organisations subrégionales que l'UE s'est engagée à soutenir.
Le Conseil européen tient à souligner plus particulièrement que l'Union européenne, ainsi que ses États membres, poursuivront leurs efforts d'assistance, notamment au Soudan, dans la région des Grands Lacs, en Afrique de l'Ouest et en Somalie. Il exprime son entier soutien aux initiatives continentales, telles que le NEPAD, ou régionales, telles que le processus issu de la conférence internationale sur les Grands Lacs, et il salue les activités croissantes des organisations africaines, telles que la CEDEAO, le SADC et l'IGAD.
L'UE poursuivra son engagement pour la restauration de la paix et du développement dans l'ensemble du Soudan, notamment par le biais de son soutien à AMIS. Ainsi l'UE a présenté à la conférence des donateurs AMIS le 26 mai 2005 à Addis Abeba une offre globale et substantielle comportant un soutien au niveau de la planification, de la logistique et du fonctionnement, de l'équipement, du transport aérien stratégique et tactique, du renforcement des capacités d'observation de l'UA et de la formation et des experts de police et autres domaines civils, en fonction des demandes présentées par l'Union africaine et en coordination avec les autres acteurs de la communauté internationale, notamment les Nations unies, l'OTAN, les États-Unis et le Canada. L'UE appelle également toutes les parties à coopérer avec la Cour pénale internationale afin de mettre un terme à l'impunité et aux entraves à la justice et à la réconciliation des populations du Darfour. Le Conseil européen reste profondément préoccupé par la poursuite des violations graves et sérieuses des droits de l'homme et du droit international humanitaire à l'encontre des populations civiles au Darfour ainsi que les empêchements aux efforts des organisations humanitaires et rappelle au gouvernement soudanais sa responsabilité de garantir la sécurité des citoyens et de ceux qui travaillent pour leur bénéfice. Il exhorte toutes les parties au Darfour à négocier de bonne foi, lors de la reprise annoncée des négociations de paix, un accord de paix complet et définitif, et à coopérer pleinement avec les Nations unies. Il appelle également toutes les parties soudanaises à mettre en œuvre pleinement et entièrement l'Accord global de paix et à lancer un processus de démocratisation inclusif.
L'Union européenne a contribué à la réforme du secteur de sécurité, à la transition et à la stabilisation en République démocratique du Congo par le lancement en avril 2005 de la mission de police de l'UE à Kinshasa, EUPOL Kinshasa, et le lancement le 8 juin 2005 de sa mission de conseil et d'assistance en matière de réforme du secteur de la sécurité, EUSEC RD Congo. L'UE et ses États membres confirment qu'ils sont prêts à considérer un soutien plus opérationnel à l'intégration de l'armée congolaise, notamment sur la base des informations à fournir par EUSEC RD Congo. Ces missions constituent des exemples concrets de la mise en œuvre du plan d'action de soutien de la PESD à la paix et à la sécurité en Afrique. Par cet engagement, l'UE renouvelle son soutien à la transition et réitère son appel aux autorités congolaises à prendre les mesures nécessaires pour le bon déroulement du processus électoral, la bonne gouvernance et la transparence et, en particulier, le paiement régulier des soldes des soldats. Elle invite instamment l'opposition politique et la société civile à jouer un rôle constructif et d'apaisement dans la mise en œuvre de la transition.
Compte tenu du lien étroit entre la paix et la sécurité d'un côté et le développement des pays africains de l'autre, le Conseil européen réaffirme la détermination de l'UE à continuer à soutenir le développement du continent africain, dans le respect des principes d'égalité et d'appropriation africaine. Dans ce contexte, la tenue dès que possible du deuxième sommet UE-Afrique à Lisbonne constitue un important objectif. Le Conseil européen salue en outre la priorité accordée à l'Afrique dans le cadre des travaux du G8 et note la contribution faite par la "Commission pour l'Afrique".
Dans ce contexte, le Conseil européen rappelle l'importance qu'il attache aux relations entre l'Union européenne et l'Afrique. Il invite le Conseil à élaborer une stratégie globale à long terme à l'égard de l'Afrique à la lumière du sommet de l'ONU en vue du Conseil européen de décembre 2005.
Relations avec l'Amérique latine
Le Conseil européen rappelle l'engagement de l'Union de renforcer le partenariat avec l'Amérique latine. Il note avec satisfaction les résultats de la 12ème réunion ministérielle entre l'Union et le Groupe de Rio, ainsi que des réunions ministérielles avec les différentes organisations sous-régionales d'Amérique centrale et du Sud, qui ont eu lieu à Luxembourg les 26 et 27 mai 2005.
Le Conseil européen salue la résolution exprimée à l'occasion de la récente réunion avec le Mercosur de faire aboutir les négociations birégionales en vue d'établir un accord d'association interrégional. Le Conseil européen salue également le lancement en janvier 2005 des exercices d'évaluation conjointe sur l'intégration économique régionale de la Communauté andine et de l'Amérique centrale en application des décisions adoptées au sommet UE ALC qui a eu lieu en mai 2004 à Guadalajara.
PESD
Le Conseil européen approuve le rapport de la présidence concernant la PESD, qui comprend le mandat pour la prochaine présidence.
Au plan des capacités militaires, les travaux conceptuels relatifs aux groupements tactiques (qui font partie des éléments de réaction rapide) se sont poursuivis avec succès. La conférence de coordination des groupements tactiques du 11 mai a permis de constater que les engagements des États membres permettront d'atteindre l'objectif visé pour la période de capacité opérationnelle initiale 2005 et 2006. Le Conseil européen souligne les progrès accomplis en vue d'assurer les contributions nécessaires à la période de pleine capacité opérationnelle en 2007/2008.
Le Conseil européen se félicite des mesures prises en vue de permettre l'accélération du processus de prise de décision et de planification pour les opérations de réaction rapide de l'UE.
Le développement des capacités civiles européennes en vue d'atteindre l'objectif global civil 2008 a été activement poursuivi selon les échéances fixées par le Conseil européen de décembre 2004. Ainsi, les hypothèses de planification stratégique et les scénarios illustratifs concernant la stabilisation et la reconstruction, la prévention des conflits, le renforcement ciblé des institutions et le soutien civil à des opérations humanitaires ont pu être élaborés. Le travail sur le déploiement rapide des capacités de gestion civile des crises a également été poursuivi.
Le Conseil européen relève que le développement des instruments de la PESD s'inscrit dans une démarche cohérente. La cellule civile militaire, dont l'établissement avait été arrêté lors du Conseil européen de décembre 2003, a commencé ses travaux. Cette cellule sera dotée de la capacité de générer un centre d'opérations qui sera disponible au plus tard en juin 2006.
L'Agence européenne de défense (AED) se trouve désormais pleinement engagée dans la réalisation de son premier programme de travail annuel. Des projets phare ont été présentés dans les domaines des capacités militaires, de l'armement, de l'industrie et du marché ainsi que dans celui de la recherche et de la technologie, les quatre piliers des activités de l'AED.
Le Conseil européen relève avec satisfaction que le concept de formation de l'UE dans le domaine de la PESD a commencé à être mis en œuvre avec succès. Les modalités de fonctionnement du Collège européen de sécurité et de défense ont été définies. Les conditions nécessaires pour établir le collège ont ainsi été réunies.
Le Conseil européen réaffirme son intérêt à renforcer les partenariats et coopérations avec les États tiers et les instances internationales. L'UE et l'OTAN ont poursuivi leur coopération dans le cadre de leur partenariat stratégique en matière de gestion des crises. Le Conseil européen salue le fait que la mise en œuvre de l'opération ALTHEA, dirigée par l'UE en Bosnie-Herzégovine, a été poursuivie de façon efficace, dans le contexte des arrangements "Berlin plus" avec l'OTAN.
La coopération avec les Nations unies dans le domaine de la gestion de crises a continué à marquer des avancées et s'est notamment traduite par une étude d'exercice intensive UE-ONU ainsi que par une étroite collaboration entre EUPOL Kinshasa et la MONUC.
Le Conseil européen note également avec satisfaction les progrès réalisés pour renforcer le partenariat en matière d'opérations de gestion des crises menées par l'UE avec l'Ukraine et le Canada, dans le cadre de l'espace commun de sécurité extérieure avec la Russie, dans le contexte Euromed avec les partenaires méditerranéens, et avec l'Union africaine.
Le Conseil européen relève avec satisfaction la mise en œuvre du plan d'action relatif au soutien apporté dans le cadre de la PESD à la paix et à la sécurité en Afrique. Le plan d'action vise à aider les organisations et les États africains à se doter de capacités autonomes de prévention et de gestion des conflits, en prêtant une attention particulière à l'Union africaine.
Le Conseil européen approuve le rapport de la présidence sur les activités de l'UE dans le cadre de la prévention des conflits et souligne la nécessité de poursuivre les travaux dans ce domaine.
V. DIVERS
Lutte contre le VIH/SIDA et autres maladies transmissibles
Le Conseil européen note avec vive préoccupation l'augmentation de l'incidence du VIH/SIDA dans les États membres et les pays voisins ainsi qu'au plan mondial et souligne la nécessité d'une approche communautaire coordonnée et intégrée en vue de lutter contre ce fléau.
Le Conseil européen rappelle l'importance d'une coopération active entre les États membres et la Commission en vue d'améliorer la connaissance générale du grand public et de le sensibiliser en matière de prévention de l'infection par le VIH, de promouvoir des comportements et des pratiques sexuelles plus sûrs et responsables, d'assurer un accès universel aux traitements, d'améliorer l'accès, pour les consommateurs de drogue par voie intraveineuse, à la prévention, à la thérapeutique de la dépendance et aux services en matière de réduction des méfaits, et d'entretenir dans la société un climat de non-discrimination. Les États membres et la Commission sont invités à continuer l'échange, au niveau communautaire, des meilleures pratiques et expériences et à favoriser les investissements dans des activités appropriées de recherche et de développement.
Le Conseil européen fait appel aux États membres à œuvrer sans relâche à préserver et à développer un système de soins de santé durable, abordable et accessible, qui serve de base aux activités de prévention, de traitement et de soins, et dans ce contexte, à veiller tout particulièrement à ce que tous ceux qui en ont besoin aient accès à un traitement antirétroviral abordable ainsi qu'à d'autres traitements médicaux.
Le Conseil européen se félicite de l'approbation par le Conseil du programme d'action européen pour lutter contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose par les actions extérieures. Ce programme constitue la base d'une action renouvelée et concertée de l'UE dans tous les pays partenaires ainsi qu'au niveau mondial par le moyen d'actions communes visant notamment à promouvoir une approche intégrée dans la lutte contre les trois maladies, à renforcer les capacités des pays partenaires, à augmenter les ressources et les moyens de lutte disponibles et à soutenir la recherche et le développement de nouveaux instruments de prévention et traitement des trois maladies.
Le Conseil européen demande à la Commission et aux États membres de renforcer la coopération et la coordination dans la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose ainsi que dans le cadre de la pleine mise en œuvre du programme d'action du Caire/de la CIPD + 10, en s'assurant que la santé et les droits génésiques et sexuels constituent un élément essentiel de la prévention du VIH et du SIDA et que les activités menées en matière de prévention du SIDA et de santé génésique et sexuelle, ainsi que de droits connexes, sont intégrées le cas échéant.
Le Conseil européen rappelle également la nécessité de pérenniser à l'OMC un accès facilité aux médicaments pour les pays en développement ne disposant pas de capacité de production. Il souligne l'importance d'une contribution européenne substantielle à la reconstitution du Fonds mondial SIDA pour 2006 et 2007, à l'occasion de la conférence qui se tiendra à Londres en septembre 2005.
Le Conseil européen fait appel aux États membres et à la Commission de favoriser et de poursuivre le dialogue et la coopération avec les pays à un niveau national, régional et mondial ainsi qu'avec les organisations internationales telles qu'ONUSIDA, dans le cadre de la politique de santé comme de la politique de développement, afin de réaliser de nouveaux progrès dans la lutte contre la propagation du VIH/SIDA.
Initiative "diplomatie verte"
Le Conseil européen a par ailleurs pris note du rapport sur les résultats obtenus par l'initiative "diplomatie verte" qu'il a lancée en juin 2003. Il se félicite à cet égard des efforts en cours en vue d'une meilleure intégration des questions environnementales et de développement durable dans les relations extérieures.