Bruxelles, 23/02/2005 (Agence Europe) - Afin de mettre un terme aux inquiétudes suscitées par les récentes déclarations de la Commissaire Danuta Hübner sur les délocalisations d'entreprises (EUROPE d'hier, p.13 et plus loin), Ana-Paula Laissy, la porte-parole de la Commissaire, a précisé les propos de Mme Hübner dans la déclaration suivante: « Suite à une question concernant le risque de délocalisations des entreprises, Mme Hübner a déclaré que celles-ci peuvent être provoquées par une multitude de facteurs et qu'elles font souvent partie des faits courants de l'activité économique permettant le renforcement de la compétitivité globale des entreprises en Europe. Toutefois, si les entreprises prennent la décision de transférer leurs activités ou une partie de celles-ci, tout doit être fait pour que ce soit d'une manière socialement responsable et à l'intérieur de l'Union européenne, en évitant qu'elles partent vers d'autres continents. Mme Hübner tient à préciser que ses déclarations ne peuvent d'aucune façon être interprétées comme signifiant qu'elle est en faveur des délocalisations d'entreprises. Dans le cadre de la politique de développement régional pour laquelle elle est responsable, Mme Hübner tient encore à souligner qu'il y a des mécanismes en place visant à maîtriser et à diminuer les effets négatifs des délocalisations. Selon ces règles, les entreprises ayant bénéficié d'aides régionales ont l'obligation de maintenir leur activité dans le lieu où elles sont installées au moins pendant cinq ans. Par ailleurs, la Commission a proposé, dans sa communication du 14 juillet 2004 relative au futur cadre d'aides régionales, que cette période soit portée à 7 ans et que le respect de cette règle soit vérifié par les autorités compétentes. Et si déplacement il y a eu, ces autorités sont obligées d'assurer qu'elles ne peuvent bénéficier d'autres aides. Enfin, Mme Hübner a, à plusieurs reprises, souligné que, comme l' Europe fait face à des défis énormes de concurrence globale, tout doit être fait pour faciliter l'investissement de compagnies européennes en Europe et que ceci est un des objectifs de la Commission européenne ».
Au Parlement européen, la socialiste française Béatrice Patrie, qui avait interpellé le Président Barroso à ce sujet dès lundi à l'ouverture de la plénière, a affirmé mardi devant quelques journalistes que les déclarations de la Commissaire n'étaient pas un simple « dérapage". Il s'agit bien de "l'expression d'une conception politique", estime la parlementaire, pour qui "ces propos illustrent la réalité d'un élargissement qui s'est fait sans moyens budgétaires nouveaux". Dès lors, dit Mme Patrie, "on comprend bien la stratégie proposée par Mme Hübner" qui consiste, en l'absence de moyens disponibles dans le budget communautaire, à "mettre les économies et les entreprises en concurrence sauvage".