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Bulletin Quotidien Europe N° 8797
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M. Schily précise ses idées vendredi - préoccupations

Scheveningen, 30/09/2004 (Agence Europe) - Le ministre allemand de l'Intérieur, Otto Schily, a insisté jeudi sur le fait que l'Union européenne devrait s'attaquer à la question de l'immigration illégale et de l'asile hors de ses frontières. Ou l'on attend que le problème arrive chez nous, ou on agit activement pour le prévenir, a-t-il déclaré à quelques journalistes, en marge du Conseil informel Justice et affaires intérieures de Scheveningen, qui doit examiner vendredi l'avenir des politiques européennes d'asile et d'immigration. M.Schily n'a pas voulu détailler ses propositions, qui ont déjà fait couler beaucoup d'encre, depuis qu'il a évoqué l'interception en mer de candidats à l'immigration clandestine se dirigeant vers l'UE et la création de camps (EUROPE du 29 septembre). Il a simplement écarté les aspects les plus radicaux de la proposition qu'avait faite le Premier ministre britannique Tony Blair sur le même thème l'an dernier: il juge que renvoyer vers des camps hors de l'UE les personnes qui ont atteint le territoire européen, le temps d'examiner leur demande, poserait trop de problèmes. M. Schily n'avait pas été plus disert, la veille, au Parlement allemand. Il reste à voir si, vendredi, il ira plus loin que des déclarations générales exhortant l'UE à réfléchir à des actions dans ce sens, sachant que les Verts, qui font partie de la majorité gouvernementale à Berlin, ne semblent pas d'accord avec lui.

Le président de la commission des libertés publiques du PE, Jean-Louis Bourlanges, a déclaré au Conseil que "la délocalisation des centres (de traitement des demandes d'asile) n'est pas compatible avec les droits fondamentaux", comme il l'a indiqué à la presse. Il juge en effet que de tels centres ne seraient acceptables que s'ils étaient placés sous juridiction de l'UE ou d'un Etat membre, ce qui lui semble impossible.

Selon Amnesty International, "tout ce qui revient à reprendre la proposition Blair est inacceptable", précise Daphné Bouteiller, de son bureau européen. En attendant une proposition concrète, Amnesty "craint l'alibi humanitaire" d'une politique qui prétendrait aider les demandeurs d'asile et fermerait encore davantage leur accès à l'UE. Toutefois, "on ne peut pas dire non à tout, parce qu'il est vrai qu'il y a un problème".

L'Ukraine, citée en particulier par l'Autriche comme possible lieu de création d'un camp pour réfugiés, a marqué sa surprise dans un communiqué, dans lequel elle "rejette clairement toute spéculation à ce sujet".

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