login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8780
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/turquie

Propos polémiques du Commissaire Bolkestein sur l'adhésion de la Turquie et une "islamisation" de l'Europe

Bruxelles, 07/09/2004 (Agence Europe) - Le Commissaire européen Frits Bolkestein a jeté un pavé dans la mare en tenant lundi des propos polémiques sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et une supposée "islamisation" de l'Europe, alors même que son homologue à l'élargissement, Günter Verheugen, effectue, avec des propos bien plus positifs, une dernière tournée avant que la Commission européenne ne rende le 6 octobre son avis sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie.

Dans son discours à l'Université de Leiden, tout au long duquel il a établi un parallèle entre l'Union européenne et l'Empire austro-hongrois, le Commissaire Bolkestein dresse le spectre d'une "islamisation" de l'Europe, qui, si elle s'avérait, annulerait, selon lui, les effets de la bataille qui, en 1683, a mis fin à l'occupation turque de Vienne et marqué le début du déclin de l'Empire ottoman. Le Commissaire reprend dans son discours les propos d'un universitaire américain, Bernard Lewis, qui aurait prédit que d'ici la fin du siècle l'Europe serait islamique et "ferait partie de l'Occident arabe, du Maghreb. La migration et la démographie vont dans cette direction". "Je ne sais pas si cela se concrétisera, mais s'il a raison, la libération de Vienne en 1683 aura été en vain", a déclaré le Commissaire, en ajoutant que "la tendance actuelle ne peut mener qu'à une conclusion: les Etats-Unis restent la seule superpuissance, la Chine devient un pouvoir économique, l'Europe s'islamise".

"Celui qui accepte la Turquie devra accepter aussi l'Ukraine et la Biélorussie. Ces pays sont même plus européens que la Turquie", a déclaré Frits Bolkestein, en dressant le tableau d'une Europe de 40 Etats membres dans laquelle "la Russie serait presque le seul partenaire restant sur le continent européen". Le Commissaire néerlandais avertit des conséquences économiques d'une adhésion de la Turquie: après son adhésion, l'UE ne pourra pas poursuivre ses politiques agricole et régionale, elle "imploserait". Il estime aussi qu'Union européenne de 40 membres "ne pourra pas mener une réelle politique étrangère, encore moins une politique commune de défense". "L'Union européenne pourra poursuivre une politique déclamatoire avec de jolies déclarations, des grosses subventions et de beaux symboles, mais ainsi, elle restera une puissance régionale, pas mondiale", a poursuivi le Commissaire, en jugeant que l'Union européenne devait retenir les enseignements de l'Empire austro-hongrois et ne pas tenter de "tout faire à la fois".

Dans un livre publié en mars, le Commissaire Bolkestein avait déjà déclaré que "si le Turquie est acceptée comme membre, l'Ukraine, la Russie et la Moldavie devront aussi être acceptées". L'Union européenne "ne sera alors pas grand-chose de plus qu'une vulgaire union douanière". Il s'était clairement prononcé pour des "zones tampon" de pays "qui n'appartiennent à aucun des deux blocs" pour "matelasser" l'Union européenne d'une part contre la Russie, mais aussi la Syrie, l'Iran et l'Irak. Dans ce deuxième cas, il ne peut que faire allusion à la Turquie (EUROPE du 9 mars). Le Commissaire à l'agriculture, Franz Fischler, vient lui aussi de mettre en avant des conséquences difficiles de l'adhésion de la Turquie (EUROPE d'hier, p.6).

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE