Bruxelles, 28/07/2004 (Agence Europe) - L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié mardi sa dernière analyse de la situation dans la zone euro. Une semaine après le rapport de la Commission sur les cinq premières années de fonctionnement de l'UEM (voir EUROPE du 24 juillet, p.13), l'étude économique de l'OCDE fait le point sur les enjeux actuels et suggère les initiatives à prendre afin de répondre à trois objectifs prioritaires: promouvoir une croissance non inflationniste, favoriser la cohésion économique et assurer la viabilité des finances publiques face au vieillissement des populations.
L'étude prévoit pour 2005 une hausse de la croissance qui pourrait s'établir à 2,5% du PIB, et un recul du taux d'inflation à 1,5%. Dans ces conditions, la politique macroéconomique d'assainissement des finances publiques et de coordination budgétaire appelle à un renforcement des instruments de surveillance qui tiennent aussi compte des phases d'expansion et du niveau d'endettement du pays. "Les résultats obtenus grâce à l'application du (Pacte de stabilité et de croissance - PSC) sont, au mieux mitigés", estime l'OCDE, qui constate que les efforts d'assainissement budgétaire se sont relâchés une fois que l'euro a été mis en place. Le rapport préconise que la Commission ait les ressources suffisantes pour veiller à la bonne mise en œuvre des programmes de stabilité et que le système d'alerte rapide soit "un instrument de prévention entre les mains de la Commission et non pas dans les mains du Conseil, qui est la fois juge et partie". L'OCDE appelle aussi à mieux tenir compte de la dette pour introduire un peu plus de souplesse en faveur des pays faiblement endettés qui ont besoin de financer les coûts initiaux de réformes structurelles, comme celle des pensions.
Avec des cycles conjoncturels différents d'un Etat membre à l'autre, il conviendrait de se concentrer sur certaines variables d'ajustement entre les pays afin de rendre la politique monétaire unique plus efficace. L'étude souligne notamment la nécessité d'une plus grande flexibilité des salaires, en fonction de l'inflation et d'une meilleure politique des marchés du logement. Elle s'attarde aussi sur les éléments permettant de rapprocher les régions au sein de la zone euro, car "le PIB par habitant a eu tendance à converger entre les pays, mais la convergence entre régions est moins nette". Le renforcement de la politique d'innovation et de la diffusion des nouvelles technologies doit s'appuyer sur trois éléments: améliorer l'enseignement supérieur, accroître les investissements en R&D et soutenir la création d'entreprises. Plusieurs mesures sont évoquées là: par exemple, une législation harmonisée concernant les faillites ou une meilleure adéquation entre financements publics et privés dans l'enseignement supérieur.