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Bulletin Quotidien Europe N° 8757
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/relations exterieures

La politique étrangère de l'UE doit devenir plus visible, plus cohérente et plus efficace, affirme M.Landaburu

Bruxelles, 28/07/2004 (Agence Europe) - Le directeur général de la Commission européenne pour les relations extérieures, Eneko Landaburu, a plaidé mardi, devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen (toujours présidée par Elmar Brok), en faveur d'une politique extérieure de l'UE "plus visible, plus cohérente et plus efficace". Il faut que l'Union ait des stratégies et des priorités claires qui doivent guider, de façon cohérente, l'ensemble des relations extérieures que l'UE entretient dans les différents domaines politiques. C'est ainsi que l'impact de la politique étrangère de l'UE pourra être maximalisé, a estimé M.Landaburu.

Parmi les principaux objectifs prioritaires de l'action extérieure de l'UE, le directeur général a notamment cité: - le respect des droits de l'Homme; - le renforcement du multilatéralisme; - la stabilisation politique et économique des pays des Balkans. La situation dans cette région demeure une "grande préoccupation", notamment en Serbie et Monténégro ainsi qu'au Kosovo, où des séparatistes tentent de mettre en péril le concept d'un Etat unitaire et multiéthnique respectueux des minorités; - l'intensification des relations avec les pays voisins de l'Union élargie (principalement à travers la nouvelle politique européenne de voisinage); - l'approfondissement des relations transatlantiques en dépit des "difficultés objectives" qui existent actuellement entre Bruxelles et Washington, en particulier avec l'administration Bush; - la stabilisation et la démocratisation de la Russie; - l'Asie (notamment Chine, Japon, Inde); - l'Amérique latine.

M.Landaburu a aussi été interrogé par les députés sur une longue liste de questions internationales, notamment: - la situation au Soudan/Darfour. La situation est grave, "et je suis aussi indigné que vous" devant cette catastrophe humanitaire. La Commission européenne fait ce qu'elle peut dans la limite des ses compétences, à savoir d'apporter une aide humanitaire aux victimes. "Nous travaillons jour et nuit" pour réduire au maximum la souffrance de ces gens, mais l'acheminement de l'aide n'est pas toujours facile, a dit M.Landaburu. L'UE a mis la pression sur le gouvernement soudanais (voir la déclaration adoptée lundi par le Conseil "Affaires générales" dans EUROPE du 27 juillet, p.4) pour qu'il respecte ses engagements à mettre immédiatement fin aux violations des droits de l'Homme. « Qu'allez vous faire si cet engagement n'est pas respecté? ». « Alors, nous, les gouvernements et l'Union européenne, devrons agir rapidement, sans exclure une intervention militaire. Mais cela n'est pas la compétence de la Commission", a répondu M. Lamdaburu à cette question; - l'Ukraine. Le fait que l'Ukraine ait renoncé à son objectif d'adhérer à l'UE et à l'Otan (voir EUROPE d'hier, p. 6), ne constitue-t-il pas "l'échec de la politique de voisinage de l'UE" à l'égard de ce pays voisin ?, a-t-on demandé à M.Landaburu. Non, l'UE a toujours dit qu'elle voulait une relation de voisinage "forte" avec Kiev, mais elle n'a jamais offert l'adhésion à l'Ukraine. Il appartient à l'Ukraine de définir elle-même ses stratégies en matière de politique étrangère; l'UE n'a rien à lui imposer à cet égard - l'affaire "Yukos" en Russie. Il s'agit sans doute d'un "règlement de compte" personnel qui ne doit pas être considéré comme une preuve que le Président Poutine a l'intention de contrôler l'économie privée en Russie. Il n'en demeure pas moins que les investisseurs sont "inquiets". La Commission a d'ailleurs envoyé une note au Premier ministre Fradkov exprimant l'espoir que cette affaire ne mette pas en cause le processus de réforme et la stabilité en Russie, a dit M.Landaburu.

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