Bruxelles, 02/03/2004 (Agence Europe) - Les conclusions à remettre au Sommet de printemps des 25 et 26 mars pour aider les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à promouvoir la dimension environnementale du processus de Lisbonne ont donné du fil à retordre au Conseil Environnement de lundi. En cause: le paragraphe concernant l'engagement renouvelé de l'Union envers les objectifs du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques - engagement que personne ne remettait en cause, mais que l'Italie (appuyée par l'Espagne) voulait subordonner à la ratification du protocole par la Russie. Toute la difficulté tenait à trouver une formulation suffisamment équilibrée pour ne pas décourager la Russie de ratifier - que ce soit par la certitude que l'UE poursuivra imperturbable sur sa lancée quoi qu'il arrive, ou que rien ne se fera aussi longtemps que Moscou tergiversera. Abordée dès le matin, la question a mobilisé l'essentiel du déjeuner tardif des ministres. A l'heure où nous mettions sous presse, un compromis venait d'être trouvé in extremis dans la formulation suivante: "le Conseil souligne l'importance que l'Union attache à la ratification du Protocole de Kyoto et à une entrée en vigueur rapide du Protocole de Kyoto", s'adressant tacitement à toutes les parties qui n'ont pas ratifié.
Pour le reste, les conclusions rappellent la nécessité d'atteindre les objectifs du processus de Lisbonne et celle de la stratégie de développement durable définie à Göteborg, soulignent la nécessité d'inverser les tendances négatives observées en matière de changements climatiques, d'énergie, de transports et de déperdition de la biodiversité, la nécessité d'intégrer davantage les préoccupations environnementales dans toutes les politiques sectorielles de l'UE, de s'attaquer à la question de l'utilisation durable des ressources naturelles, de donner un nouvel élan à la stratégie de développement durable de l'UE et de réaffirmer les engagements internationaux de la Communauté envers un développement durable de la planète. EUROPE y reviendra
Lors du débat sur les changements climatiques, le ministre vert allemand, Jürgen Trittin, a insisté pour que l'Union s'en tienne à l'objectif qu'elle s'est fixé d'une réduction drastique des émissions de CO2 des voitures particulières pour les ramener à 120 grammes/kilomètre parcouru à l'horizon 2010. Alors même que l'industrie européenne (ACEA) juge que l'objectif intermédiaire de 140g/km d'ici à 2008 sera difficile à atteindre, le ministre a jeté un pavé dans la mare en demandant que le secteur s'engage à respecter cet objectif communautaire dans le cadre de l'accord volontaire en cours de négociation avec la Commission. Jürgen Trittin a en outre plaidé pour l'élaboration à l'échelle européenne d'une norme technique EURO 5, applicable en 2010 pour réduire les émissions de particules par les moteurs diesel.