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Bulletin Quotidien Europe N° 8533
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/developpement

Le Commissaire Poul Nielson invite l'Union à intégrer les objectifs de la convention internationale sur la lutte contre la désertification dans sa politique de développement

Bruxelles, 02/09/2003 (Agence Europe) - Une vingtaine de chefs d'Etat et plus de 110 ministres sont réunis à La Havane les 1er et 2 septembre pour la sixième Conférence des parties à la Convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification, entrée lundi dans sa phase politique. Les participants doivent notamment examiner comment faire de la Convention un instrument au service des objectifs de développement du millénaire pour l'éradication de la pauvreté et la sécurité alimentaire, et comment financer la promotion du développement durable dans les écosystèmes arides.

Poul Nielson, Commissaire européen à la politique de Développement et à l'Aide humanitaire, voit dans cette conférence une opportunité à saisir par l'Union pour sa contribution à la lutte contre la pauvreté et à la réalisation du développement durable. Dans un communiqué, il déclare: «La sécheresse, la désertification et la pauvreté vont de pair. Si l'on veut atteindre le développement durable et réduire la pauvreté, il faut nécessairement agir contre la dégradation des sols. C'est ce que vise la Convention des Nations unies sur la désertification et c'est pourquoi elle est si importante. Depuis l'adoption de la Convention en 1994, beaucoup d'énergie a été dépensée pour définir des objectifs. Maintenant que ces objectifs sont sur des rails, le temps est venu de traduire nos intentions en résultats concrets pour les pauvres. Cela exige que l'utilisation durable des sols fasse partie intégrante des stratégies de réduction de la pauvreté dans les pays en développement et que les objectifs de la Convention soient effectivement intégrés dans la politique de développement. La sixième conférence offre une opportunité unique de s'attaquer à ces défis. J'y vois aussi une opportunité pour une coopération accrue entre les pays ACP(Afrique/Caraïbes/Pacifique) et l'Union européenne dans la lutte contre la sécheresse et la désertification ».

L'OMC doit se préoccuper de l'impact des négociations commerciales
sur les terres désertiques, affirme Friends of the Earth

L'ONG de défense de l'environnement Friends of the Earth International, pour sa part, exhorte les chefs d'Etat et les ministres présents à La Havane à garantir que la conférence ministérielle de l'OMC, qui va s'ouvrir le 10 septembre à Cancun, place au premier plan les préoccupations relatives à la désertification et les droits et les intérêts des communautés vivant sur des terres désertiques. Rappelant que la désertification et la dégradation des sols sont des problèmes environnementaux globaux dévastateurs pour des millions de personnes vivant en zone rurale- en particulier les petits agriculteurs -, et que, selon le secrétariat de la Convention sur la désertification, la dégradation des sols coûte à la communauté internationale jusqu'à 40 milliards de dollars US par an, l'ONG met en garde les participants contre l'impact potentiel négatif des négociations commerciales multilatérales sur les terres arides.

« La libéralisation du commerce des produits agricoles proposée par les Etats-Unis et l'Union européenne à l'OMC fera peser un fardeau de plus sur les populations des terres désertiques. La plupart des communautés concernées sont constituées de petits agriculteurs qui sont incapables de faire face à la concurrence sur le marché mondial. Les propositions commerciales de l'Union et des Etats-Unis laissent intactes leurs structures de subventions directes et indirectes pour l'agriculture orientée vers l'exportation, mais forceraient les pays en développement à ouvrir leurs marchés agricoles à ces produits subventionnés. Les résultats seraient dévastateurs pour les producteurs des terres arides et pour les terres gérées par ces communautés », affirme l'ONG.

Friends of the Earth s'inquiète tout autant de la privatisation de l'eau initiée par l'Accord général sur le commerce des services sous les auspices de l'OMC qui ajouterait une pression supplémentaire. « L'eau est un bien commun dans de nombreuses zones arides, et rares sont les communautés rurales et pastorales capables de payer pour des services d'approvisionnement en eau privatisés. Les systèmes de privatisation de l'eau ont déjà eu des effets désastreux au Niger et au Nord du Mali où les populations rurales vivant dans le désert et sur des terres arides ont été confrontées à des factures d'eau qui mobilisent entre 12 et 70% de leurs revenus », rappelle Friends of the Earth.

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