Bruxelles, 06/08/2003 (Agence Europe) - La Commission européenne juge que "l'impression d'ensemble" que laisse l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes "est mitigée". Dans une communication au Conseil et au Parlement européen adoptée le 5 août, elle propose des améliorations au fonctionnement de cet organisme. Créé en 1997, l'Observatoire a commencé à fonctionner en 1998, mais n'a pas vraiment été opérationnel avant 1999-2000, lorsque ses effectifs ont été au complet, explique la Commission dans sa communication.
La Commission dresse un bilan un peu plus favorable de l'année 2002, au vu des changements que l'Observatoire a commencé à opérer. Mais pour ce qui est des premières années de fonctionnement, la Commission juge que "la conclusion (d'un rapport d'experts externes) selon laquelle le retour sur investissement n'est pas à la mesure des 13 millions d'euros engagés par l'observatoire jusque fin 2001 est inquiétante". La communication de la Commission s'appuie sur une évaluation externe publiée en juillet 2002 selon laquelle l'impact et les retombées ne sont pas à la hauteur du budget de l'Observatoire. L'Observatoire a bénéficié d'une enveloppe globale de 20,5 millions d'euros jusqu'en 2002, et dispose de 6,5 millions d'euros pour 2003 (dont la moitié en frais de fonctionnement). Toutefois, la Commission précise que le bilan des experts externes s'arrête fin 2001, et que des "changements de priorité" intervenus depuis laissent espérer une amélioration.
Les rapports et études de l'Observatoire ont apporté des informations intéressantes, mais, si la "qualité des données fournies à ce jour s'est améliorée, elle n'a pas permis d'effectuer de véritable comparaisons entre les situations des différents des Etats membres". Or, il s'agit là d'une des tâches les plus importantes de l'Observatoire, souligne la Commission. Elle appelle donc à une coopération plus forte des Etats membres avec l'Observatoire, notamment pour l'élaboration de statistiques comparables, et propose à cette fin des changements à son règlement. Pour ce qui est de la diffusion d'informations (publications diverses, site internet...) la Commission se dit "préoccupée par l'absence de stratégie de communication clairement définie", et appelle l'Observatoire à poursuivre les travaux entamés pour définir cette stratégie.
Selon son règlement, l'objectif de l'Observatoire est de "fournir à la Communauté et à ses Etats membres (...) des informations objectives, fiables et comparables au niveau européen sur les phénomènes du racisme, de la xénophobie et de l'antisémitisme, afin de les aider lorsque, dans les domaines de leurs compétences respectives, ils prennent des actions".