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Bulletin Quotidien Europe N° 8521
Sommaire Publication complète Par article 11 / 18
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/acp

Problèmes persistants dans l'exécution des travaux d'infrastructure financés par le FED

Bruxelles, 07/08/2003 (Agence Europe) - Dans son rapport spécial n°8/2003, qui vient d'être publié au Journal officiel C 181 du 31 juillet, la Cour des comptes ne peut que constater l'importance des problèmes qui se posent dans l'exécution des travaux d'infrastructure financés par le Fond européen de développement (FED) dans le cadre de l'accord de partenariat ACP-UE.

« Les faiblesses constatées (…) affectent régulièrement le coût des travaux dans des proportions trop importantes, voire parfois leur durabilité. Bien que nombre de problèmes d'exécution rencontrés se retrouvent d'un marché et d'un pays à l'autre, l'expérience accumulée ne débouche pas sur l'acquisition d'une expertise sectorielle susceptible de profiter à l'ensemble des marchés de travaux financés par le FED, ce qui ôte à l'intervention des services centraux de la Commission une partie de sa valeur ajoutée », peut-on lire dans ce rapport qui souligne une nouvelle fois les problèmes rencontrés lors de la construction et de la réhabilitation d'infrastructures, principalement dans le secteur routier. Des travaux qui représentent un volet important de la coopération au développement: fin 2002, les paiements effectués par la Commission au titre de ces travaux représentaient 16% des 6ème, 7ème et 8ème FED et avoisinaient 3,2 milliards d'euros.

Sur ce total la Cour a examiné 30 marchés représentant 525 millions d'euros. Sur ces trente marchés, seulement douze on été réalisés comme prévu. Dans six cas, la conception des ouvrages a été substantiellement modifiée après la signature des marchés, avec des conséquences sur les plans technique et financier. Dans douze autres cas, ce sont la quantité ou le niveau de qualité des travaux, parfois les deux ensemble, qui ont été réduits. Ainsi, en Ethiopie, la durée de réalisation de la route Addis Ababa - Jima est passée de 36 à 73 mois et le prix a déjà augmenté de 61%: le gros des travaux n'avait pas encore été entrepris en juin 2002 alors que le contrat avait été conclu en mars 1999. A Madagascar, les bâtiments issus du projet de construction et d'équipement de sept abattoirs de province sont restés inachevés et inutilisés: l'administration nationale envisage de les destiner à un autre usage ou de les céder à des opérateurs privés. Pour la réhabilitation de la route nationale 4, la redéfinition des travaux après la conclusion du marché a fait passer la durée des travaux de 18 à 44 mois et le prix a augmenté de plus de 70%. Au Cameroun, la route Youndé - Ayos s'est dégradée très rapidement après sa mise en service, au point qu'elle a dû être fermée à la circulation des poids lourds en 1995 et 1996: cet échec est à mettre en relation avec le sous-dimensionnement de la chaussée et le non-respect pendant la construction de spécifications déjà réduites, observe la Cour. En Jamaïque, le manque de stabilité des talus a conduit dès mai 2001 à l'effondrement et à la fermeture pendant trois mois d'une section de route réhabilitée: la durée de vie et la rentabilité des ouvrages sont par ailleurs affectées par les réductions de l'épaisseur de la couche de roulement effectuées pendant l'exécution pour réaliser des économies illusoires. Pour le traitement des eaux usées à Ocho Rios et surtout à Negril, des travaux incomplets, fragiles ou de capacité réduite ont finalement été acceptés: les travaux ont été achevés mi-1999 après trois années de prolongations tandis que le prix du marché avait augmenté de 36%. En Tanzanie, les piles soutenant les quais du port de Zanzibar souffrent d'une corrosion mettant en péril la solidité des ouvrages réalisés: détecté dès 1993, cet échec technique n'a pas encore fait l'objet de mesures correctrices satisfaisantes, note encore la Cour qui évoque aussi le cas original de la route de Bertoua - Garoua Boulaï au Cameroun, où l'on avait tout simplement omis d'inclure le bitume (« qui est pourtant une fourniture importante dans ce type de travaux » remarque ironiquement la Cour) dans le prix du marché.