Bruxelles, 17/07/2003 (Agence Europe) - « Il y a, de la part des membres des forces de l'ordre et des forces fédérales opérant en République tchétchène, un recours continu à la torture et à d'autres formes de mauvais traitements. En outre, les mesures prises pour déférer à la justice les responsables de tels faits sont lentes et se révèlent finalement inefficaces ». C'est en ces termes que le Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains dégradants du Conseil de l'Europe (CPT) a condamné les pratiques des autorités de la République tchétchène de la Fédération de Russie, dans une déclaration publique, la semaine dernière. Le CPT a effectué six visites pendant les trois dernières années au cours desquelles il a constaté les difficultés auxquelles sont confrontées les autorités du fait des actions des opposants au pouvoir fédéral. « Le CPT condamne ces actes et comprend la nécessité d'une réponse ferme des institutions de l'Etat. Toutefois cette réponse ne doit jamais dégénérer en actes de torture ou autres formes de mauvais traitement », souligne le Comité. La déclaration relève notamment l'utilisation de méthodes telles que « de très graves passages à tabac, des chocs électriques et la suffocation à l'aide d'un sac plastique ou d'un masque à gaz ».
Une première déclaration avait déjà été rendue en juillet 2001, mais « en dépit d'efforts soutenus de la part du CPT au cours des deux dernières années, les autorités russes n'ont pas traité de façon efficace certains problèmes majeurs liés au mandat du Comité », précise ce dernier.
Le CPT invite les autorités russes à prendre plusieurs mesures parmi lesquelles le renforcement des services du Procureur de la République tchétchène et du Procureur militaire qui conduisent les opérations anti-terroristes dans la région du Caucase du Nord, le renforcement des services de médecine légale en République tchétchène et l'adoption d'une déclaration formelle émanant du plus haut niveau politique, dénonçant l'emploi de ces mauvais traitements.