Bruxelles, 26/06/2003 (Agence Europe) - Le Sommet UE/Etats-Unis aura "servi à clarifier les malentendus" sur le dossier des organismes génétiquement modifiés (OGM), a indiqué jeudi un porte-parole de la Commission européenne. Et c'est probablement tout. En effet, la veille à Washington, le Commissaire européen au commerce Pascal Lamy avait admis, après une série d'entretiens, notamment avec le Président Bush, que les discussions sur les OGM ne paraissaient pas s'orienter dans la bonne direction. Reconnaissant des divergences de vues importantes, il avait ajouté que "nous n'avons pas encore trouvé un juste milieu pour vivre avec". Dans le même registre, le président en exercice du Conseil européen Costas Simitis et Romano Prodi avaient auparavant laissé entendre que le désaccord persistait, le président de la Commission européenne réfutant par ailleurs les arguments de M. Bush selon lesquels l'UE affamerait le tiers monde en interdisant les OGM sur son marché. Pascal Lamy a, pour sa part, qualifié ces arguments d'"inacceptables", déclarant, au côté de son homologue américain Robert Zoellick, que "c'est une chose de ne pas être d'accord avec les processus d'autorisation des produits alimentaires européens ou américains, mais nous ne pouvons pas accepter qu'on utilise la famine en Afrique pour chercher à influencer l'opinion". Et de poursuivre: "nous sommes très sensibles à l'intérêt porté par les Etats-Unis pour la faim en Afrique et pour les bienfaits qu'apporteront sans doute un jour les miracles de la biotechnologie (...), mais nous disons seulement que, d'un point de vue européen, ceci apparaît comme une offensive des groupes agro-alimentaires américains pour écouler des excédents accumulés avec les anciens programmes d'aide alimentaire". Pour la partie américaine, Robert Zoellick a déploré que certains dans le monde calquent leur attitude sur celle de l'UE "pour bloquer les produits OGM (...) qui sont très importants pour le développement et aussi pour l'environnement en permettant de réduire les pesticides". Il a réclamé un débat public sur le sujet et expliqué que des Africains ont dit publiquement leur crainte de produire des produits contenant des OGM s'ils n'ont pas la certitude de pouvoir les vendre dans l'UE.