Bruxelles, 06/05/2003 (Agence Europe) - Plus de 800 personnes représentant toutes les parties concernées par l'industrie des textiles et vêtements dans plus de 70 pays ont participé, à Bruxelles, lundi et mardi, à une réflexion prospective et collective sur l'incidence de la fin des contingents en 2005 et l'intégration de ce secteur - essentiellement régi jusque là par l'accord MultiFibres - dans le champ d'application des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le Commissaire européen Pascal Lamy a parlé de « big bang »: dans moins de vingt mois, a-t-il dit, une page sera tournée sur « quatre décennies de quotas imposés par les pays industrialisés, représentant près de deux tiers des importations mondiales ». Il s'agit « d'un vrai sujet de développement » (et « c'est le fil rouge du programme de négociations de Doha », de même que « l'objectif de la politique commerciale de l'Europe ») et d'un « vrai défi de politique industrielle, de politique sociale ou de politique régionale » dont l'impact se fera sentir partout, surtout dans les économies les moins avancées et en développement, « des pays parmi les plus petits et les plus pauvres » qui dépendent très fortement de ce secteur, a-t-il souligné. Et de mettre cependant en garde contre « certains rapports alarmistes ou conclusions trôp hâtives: l'impact, in fine, dépendra beaucoup de la réponse que l'industrie (les entreprises elles-mêmes) apportera pour améliorer sa compétitivité et se rapprocher des besoins du marché », ainsi que « des politiques suivies par les pouvoirs publics, des politiques macroéconomiques saines, un cadre législatif solide, des investissements en infrastructures, dans la formation et dans la qualification, l'aptitude à la mobilité des femmes et des hommes qui travaillent dans ces secteurs » et une progression vers des conditions d'accès aux marchés équitables, comparables au niveau mondial et accompagnées par l'élimination de barrières non tarifaires ». Car l'échéance de 2005, qui est aussi celle du cycle de l'OMC, verra davantage d'attention se porter sur les tarifs et obstacles non tarifaires et, d'une manière générale, sur les règles du jeu de la concurrence internationale, a-t-il ajouté, en se disant convaincu que « la question des droits sociaux fondamentaux, bien qu'évacuée à Doha du champ des questions commerciales internationales malgré mes efforts au nom de l'UE, ressurgira à cette occasion et, cette fois, probablement à la demande des PED qui s'y étaient opposés avec succès à Doha ».