16/04/2003 (Agence Europe) - Un rapport français rédigé en vue du Sommet « défense » du 29 avril à Bruxelles entre Belgique, France, Allemagne et Luxembourg conclut à "un véritable désarmement technologique" de l'Europe face aux États-Unis. Ce désarmement concerne en particulier les grands pays européens, dont la France, mais épargne le Royaume-Uni, écrit Jacques Isnard dans Le Monde. Selon ce rapport, entre 1980 et 2000, l'écart entre les États-Unis et les pays de la LOI (Letter of Intent), c'est-à-dire l'Allemagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, l'Espagne et la Suède, n'a cessé de grandir, à l'avantage des Américains, en matière de crédits, de recherche et de développement à des fins militaires. L'effort cumulé des pays de la LOI représentait 40 % de celui des États-Unis en 1980, 30 % en 1990 et moins de 23 % en 2000. Jacques Isnard fait noter que la guerre d'Irak a montré que « les Britanniques sont intervenus avec des moyens, tels les missiles de croisière Tomahawk lancés par des sous-marins ou Storm Shadow tirés par des avions Tornado, que la France n'a pas encore ». D'autre part, Londres s'est engagée à disposer, au début de la prochaine décennie, de deux porte-avions, alors que la France continue de discuter des modalités opérationnelles d'un deuxième Charles-de-Gaulle. "De même, en ayant acheté des gros-porteurs C-17 et C-130J aux États-Unis, les Britanniques alignent déjà une force aérienne dite de "projection", alors que leurs alliés français doivent se satisfaire d'une flotte fatiguée de Transall", constate M. Isnard.