Bruxelles, 04/04/2003 (Agence Europe) - Plusieurs membres de la Convention européenne se sont interrogés, lors de la plénière de vendredi matin, sur la possibilité de boucler les travaux en juin, comme prévu en principe. Ne pourrions-nous pas, si nous ne sommes pas satisfaits de la "qualité du consensus" atteint à ce moment-là, recourir à l'ancienne pratique consistant à "arrêter l'horloge?", a suggéré le député européen Andrew Duff. Une telle perspective serait le meilleur moyen de rater nos échéances, a mis en garde le vice-président de la Convention Jean-Luc Dehaene, qui a indiqué que des plénières sont prévues les 5 et 6 juin et les 12 et 13 juin, sans exclure la possibilité d'une plénière supplémentaire ensuite. On devrait peut-être "nous enfermer dans un couvent et nous laisser sortir seulement lorsque nous aurons un résultat", a-t-il plaisanté. Caspar Einem, représentant du parlement autrichien, a estimé que vers la fin des travaux il faudra peut-être explorer d'autres méthodes que les plénières. Et le député européen Klaus Hänsch s'est prononcé plutôt pour une nouvelle articulation des plénières, qui seraient plus longues, mais interrompues par des consultations « entre familles, entre groupes », pour pouvoir justement mieux avancer ensuite, au grand complet des conventionnels.
Le vice-président de la Convention Giuliano Amato avait annoncé à l'ouverture de la plénière de jeudi que la plénière de la mi-mai, consacrée aux articles relatifs à l'architecture institutionnelle et aux relations extérieures, se déroulera sur au moins deux jours pleins au lieu des deux demi-journées prévues. Il propose que la réunion commence jeudi 15 mai à 10H00 (au lieu de 15h00) et dure toute la journée de vendredi, « quitte à rester jusqu'au samedi matin » si nécessaire. Giuliano Amato a souligné que le présidium estime que ceci est nécessaire afin de consacrer le temps qu'il faut à des sujets aussi importants, tout en travaillant à respecter l'échéance de juin.
En conférence de presse, Jean-Luc Dehaene a précisé que le présidium entend proposer les projets d'articles sur la politique extérieure et de défense à la session plénière des 24 et 25 avril. Il aimerait faire de même pour le document sur les Institutions, mais ce document ne serait pas forcément prêt à cette date-là. En tout état de cause, il est "essentiel" qu'il soit présenté à temps pour pouvoir être débattu à la session des 14 et 15 mai, a-t-il précisé. Ensuite, le présidium présentera un projet de traité complet et révisé après la séance des 14 et 15 mai.
En répondant à des questions, le vice-président Dehaene a dit trouver "regrettable la méfiance grandissante entre les soi-disant grands et petits au sein de l'Union". Le présidium "doit faire des efforts pour transcender cela", a-t-il déclaré à la presse.
Interrogé sur la proposition d'organiser des référendums sur le traité (voir EUROPE d'hier, p.6), Jean-Luc Dehaene a estimé qu'il fallait d'abord savoir de quoi on parle: un seul référendum à l'échelle de l'UE, ou un dans chaque Etat membre ? "Personnellement, je ne trouve pas que le référendum soit le summum de la démocratie", a-t-il ajouté.