Brazzaville, 03/04/2003 (Agence Europe) - L'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE a finalement approuvé par acclamation, jeudi à Brazzaville, une déclaration qui constate que "une large majorité (…) considère la guerre contre l'Irak comme contraire au droit international et déstabilisatrice pour l'ensemble de la région" même si "une petite minorité de membres conteste vivement ce point de vue". La majorité des membres des pays ACP comme de l'UE regrette profondément que les inspecteurs des Nations unies n'aient pas eu plus de temps. "Une guerre, qui apporte la mort et la détresse à de larges couches de la population, détruit des infrastructures vitales et ébranle profondément les bases économiques du pays, ne saurait se justifier", poursuit l'Assemblée qui "demande la cessation immédiate des hostilités" et "l'adoption rapide de mesures de reconstruction sous mandat des Nations unies".
L'Assemblée n'a en revanche pas réussi à adopter une résolution sur la situation au Zimbabwe, bien que les positions aient un peu évolué tant du côté européen, où l'on s'est éloigné de l'intransigeance qui avait conduit à l'annulation de la dernière session à Bruxelles, que dans les rangs ACP où des voix se sont élevées pour dénoncer les violations des droits de l'Homme et de l'Etat de droit perpétrées par le régime du président Mugabe. Le ministre des Affaires étrangères de Saint-Vincent, Louis Straker, a ainsi déclaré que "rien ne peut excuser la terreur qui règne au Zimbabwe". Le parlementaire zambien David Matongo a reconnu que tous les pays de la région doivent user de leur influence pour améliorer la situation et il a plaidé pour (1) le partage équitable de la terre, (2) le retour à l'Etat de droit et (3) le respect des engagements pris par le gouvernement britannique lors de la conférence de Lancaster House. Le parlementaire sud-africain Rob Davies a proposé que la commission politique recherche une stratégie pour aider le Zimbabwe à sortir d'une situation économique et politique difficile et "construire la démocratie". La co-présidente de l'Assemblée, Glenys Kinnock (travailliste britannique), a demandé aux délégués du Zimbabwe de soutenir auprès de leur gouvernement l'organisation d'une mission des deux co-présidents sur place afin qu'ils puissent faire rapport à l'Assemblée de la situation réelle dans le pays.
L'Assemblée parlementaire paritaire a adopté de nombreuses autres résolutions sur lesquelles EUROPE reviendra. La prochaine session aura lieu à Rome, du 13 au 16 octobre. Le lieu de la 7ème session n'est pas encore fixé mais, en raison des élections européennes de 2004, elle devrait se tenir en janvier ou en février dans un pays de la Caraïbe, probablement la Jamaïque.