Bruxelles, 18/02/2003 (Agence Europe) - Les ministres de l'Economie et des Finances, réunis mardi à Bruxelles, ont adopté à la majorité qualifiée un avis sur le programme de convergence actualisé du Royaume-Uni dans lequel ils recommandent aux autorités britanniques de tendre vers une position budgétaire équilibrée à moyen terme, conformément aux exigences du Pacte de stabilité et de croissance. Le Conseil Ecofin a adopté aussi à l'unanimité des avis sur les programmes de stabilité de l'Espagne, de la Belgique et de l'Irlande et sur le programme de convergence du Danemark, avis qui reprennent dans les grandes lignes les remarques formulées par la Commission (voir EUROPE du 31 janvier, p.7).
La Belgique, l'Espagne et le Danemark, qui ont défendu une lecture stricte des dispositions du Pacte de stabilité, ont voté contre l'avis du Conseil sur le programme de convergence du Royaume-Uni, en s'opposant à la suppression d'une phrase (indiquée entre guillemets: NDLR) suggérée par le Comité économique et financier (CEF) et selon laquelle les déficits nominal et structurel prévus durant les dernières années du programme de stabilité (2006, 2007 et 2008) s'élèvent à 1,5% du PIB, "ce qui est bien au-dessus de la position proche de l'équilibre exigée par le Pacte de stabilité". La Commission, qui partageait la même position dure que ces trois pays, a finalement accepté la suppression de cette phrase en échange de l'adoption d'une déclaration dans laquelle elle affirme que le Royaume-Uni pourrait se permettre un léger creusement du déficit, à condition que celui-ci ne dépasse pas la valeur de référence des 3% du PIB.
Dans son avis, le Conseil appuie les remarques de la Commission européenne sur les risques de voir le déficit public britannique atteindre 3% du PIB en 2003-2004. Le Conseil constate en effet que le déficit public "relativement élevé" prévu pour 2003-04, à savoir 2,2% du PIB, "se base sur des prévisions de croissance de 2,5% en 2003 et de 3% en 2004, ce qui semble aujourd'hui être optimiste à la lumière de l'incertitude globale". "De telles projections budgétaires pourraient déboucher sur un déficit susceptible d'atteindre la valeur de référence des 3% du PIB et, par conséquent, elles pourraient ne pas être en ligne avec les exigences du Pacte de stabilité et de croissance", estime le Conseil.