Bruxelles, 26/11/2002 (Agence Europe) - Lord Ashdown, le Représentant spécial de l'UE pour la Bosnie-Herzégovine (BH), a répété la semaine dernière devant la presse à Bruxelles, après des rencontres avec les autorités bosniaques, que la BH a encore beaucoup de réformes à entreprendre, mais que, sept ans après la guerre, sa situation relève "du miracle". Quant à la vente d'armes à l'Irak par la société Orao (qui a son siège en République Srpska), Lord Ashdown est très déçu du rapport des autorités de la République. "C'est très loin de ce que nous attendions, les autorités ne semblent pas comprendre le sérieux de cette affaire", dit-il.
Rappelons que le 1er janvier 2003, la mission de police de l'UE en BH débutera ses activités. Cette mission (voir EUROPE du 4/5 novembre, p.7) sera composée de 512 hommes dont 422 provenant des Etats membres (avec une forte contribution d'Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie) et 90 de pays tiers (dont les pays candidats - sauf Malte - Suisse, Norvège, Islande, Turquie, Russie, Ukraine et Canada). Les Etats-Unis ne participent pas. "Comme les pays tiers ne représentent que 20% des forces à répartir entre 18 pays, il est peut-être difficile d'attirer l'attention de Washington sur ce genre d'opérations", commente un diplomate européen. Ces hommes auront pour mission d'encadrer les policiers bosniaques afin de rapprocher leurs pratiques des normes européennes. "En aucun cas, ils n'auront un rôle exécutoire sur le terrain", précise un diplomate. Les pays tiers participant à la mission ont dû payer un "ticket d'entrée" de 25.000 euros par an, qui s'ajoutent à un budget de 38 millions d'euros de 2003 à 2005 (20 millions sur le budget PESC, 18 fournis par les Etats membres). "La Suisse et la République tchèque ont annoncé qu'elles paieront plus", note une source diplomatique. Ce "droit d'entrée" s'ajoute aux frais du personnel sur le terrain imputables à tous les Etats, qui doivent notamment payer un forfait quotidien à leur personnel, qui peut différer selon les pays. "On avait recommandé la même somme, soit 100 euros par jour. Finalement, il a été décidé que chaque pays paiera ce qu'il veut, selon ses moyens", remarque une source diplomatique.