Strasbourg, 24/10/2002 (Agence Europe) - Ce n'était pas très clair pourquoi la réunion de la commission des Affaires étrangères sur les décrets Benes, lundi soir à Strasbourg, était à huis clos, et plusieurs députés, notamment le coprésident des Verts, Daniel Cohn-Bendit, ont protesté contre ce huis clos. Le professeur Frowein a repris devant les députés les conclusions de son avis juridique sur les décrets sur la déportation d'Allemands des Sudètes et de Hongrois de Slovaquie (voir en particulier EUROPE du 5 octobre, p.7, et du 23 octobre, p.17). L'élu de la CSU Bernd Posselt, président de l'association des Allemands des Sudètes, a estimé qu'il ne s'agissait que d'un rapport d'experts parmi d'autres, qui ne fait que marquer l'ouverture du débat sur ces décrets "racistes et contraires aux droits de l'homme". L'Autrichienne Ursula Stenzel (ÖVP) a répété qu'elle ne comprenait pas que la loi sur l'amnistie puisse s'appliquer dans une telle affaire, que le tort fait aux innocents devait être reconnu, et que la République tchèque devait créer un fonds d'indemnisation. Pour Daniel Cohn-Bendit, la République tchèque, l'Allemagne et l'Autriche doivent régler cela entre elles, alors que, au niveau européen, il s'agit essentiellement de rappeler que l'unification européenne vise justement à empêcher que ce genre de chose se reproduise. Et Jürgen Schröder, élu de la CDU, s'est exprimé dans le même sens, en demandant qu'on accueille aussi rapidement que possible les Tchèques dans l'UE, afin "d'empêcher une fois pour toutes à tout nationaliste de s'accrocher à des ressentiments dépassés depuis longtemps". Le député originaire de l'Allemagne de l'Est rappelle qu'en 1995, à l'occasion du 50ème anniversaire de la destruction de Dresde, Roman Herzog, alors Président de la République fédérale allemande, avait exhorté à pleurer les victimes, mais sans essayer de régler le problème de la culpabilité des décennies après ces événements tragiques.